Voyage au bout de l’Italie, Chapitre 4 : Coucou Don Corleone !

Voyage au bout de l'Italie, Chapitre 4 : Coucou Don Corleone !

Ah, la Sicile ! Cette île à part, Italienne mais pas trop, où nous adorions chantonner l’air du film Le Parrain, avant que ma mère ne nous fusille du regard – de crainte que nous nous fassions fusiller tout court ? – et nous dise que ce n’était peut-être pas la chose à faire. Eh oui, en Sicile, la mafia n’est pas un sujet de plaisanterie et, en discutant avec des locaux, mais aussi des italiens non-insulaires lors du retour, nous nous sommes rendus compte qu’il s’agit même d’un vrai fléau. Mais là n’est pas le sujet, et ma connaissance dans ce domaine est trop limitée pour que je vous fasse un speach. Alors, maintenant que vous aussi, lecteurs cinéphiles, avez la musique de ce cher Don Corleone dans la tête – de rien, c’est cadeau –, je peux attaquer ma chronique sicilienne, non ?

Après avoir quitté Paestum sous une pluie diluvienne, et roulé sous cette même pluie pendant un bon moment, nous avons fait une courte étape à Piso, histoire de couper la route avant de prendre le bateau le lendemain matin. L’hôtel était plutôt chouette, mais l’accueil carrément pourri. A cause des trombes d’eau et des 15°C qui régnaient dehors, nous n’avons pu qu’admirer la piscine et l’espace extérieur de loin… Le samedi matin donc, nous nous levons, empilons une nouvelle fois les sept valises et autres sacs dans le minibus, et partons, direction Reggio Di Calabria – la ville où se trouve l’embarquement. La traversée pour rejoindre la Sicile ne dure qu’une vingtaine de minutes, nous nous sommes à peine rendus compte que nous étions partis que nous voilà déjà arrivés, si c’est pas beau !

Pas le temps de profiter de Messine, nous avons tracé la route pour rejoindre la location, près de Syracuse – et donc pas vraiment à côté de Messine. Et là, j’ai l’impression d’être retournée en Crète : une autoroute où vous ne roulez pas à 130km/h – sauf si vous êtes un italien fou du volant –, avec peu d’aires pour s’arrêter faire pipi ou manger un panini pas bon, mais des paysages magnifaïk ma chérie ! Longer la côte, ça a franchement du bon, et c’est pas dégueu comme on dit par chez nous… Pas le temps de manger, un sandwich vite fait mal fait fera l’affaire, nous avions trop hâte de découvrir la villa, et surtout la piscine ! N’oublions pas qu’il faisait plus de 30°C – nous sommes montés jusqu’à 42°C pendant plusieurs jours – et que les bouées donut, licorne, flamant rose et bretzel attendaient sagement dans le coffre de pouvoir être utilisées…

Nous entrons les coordonnées GPS pour être sûrs, ma sœur téléphone au loueur pour l’informer de notre arrivée, bref, tout roule. Jusqu’à ce que ma mère se gare devant l’adresse, et se dise « m***e, ça doit pas être là, je reconnais pas la maison ». Gloups, mais alors où c’est ? La frangine rappelle Mike – le loueur – qui nous dit qu’il arrive bientôt. Ouf – j’aime bien les onomatopées aujourd’hui, mais vous avez dû le remarquer. Pas d’erreur, nous étions à la bonne adresse, c’est juste que dans l’immense cour il y a une autre maison, du 19ème siècle, qui n’est pour l’instant pas louée. Double ouf, me direz-vous. Nous faisons la rencontre d’Alessandro, un petit sicilien – en fait c’est marrant ils sont quasiment tous petits là-bas, et comme je fais 1m83, ils me paraissent encore plus riquiqui les pauvres… – charmant et aux petits oignons, qui s’occupe de la villa et du jardin. Mike est arrivé dans la foulée, présentation, serrage de mains – les pauvres, ils ont dû en serrer sept quand même –, on vous appelle si y a un souci et vite, nous filons enfiler nos maillots ! Après avoir fait un tour du propriétaire bien sûr qui, il faut le dire, est magnifique – sans l’accent de Cristina cette fois.

Mais le but de ma chronique n’est pas, il me semble, de vous faire l’apologie de cette merveilleuse maison où nous avons passé deux délicieuses semaines. Passons aux choses sérieuses : la Sicile, ou plutôt Syracuse et ses environs, puisque nous nous sommes cantonnés à cette zone. Pour des raisons pratiques, mais aussi parce que nous étions bien décidés à nous la couler douce et à décompresser avec un bon bouquin, dans la piscine et à l’apéro, nous n’avons pas visité énormément de choses. Les trois principaux endroits que nous avons vus sont : le centre-ville de Syracuse, alias Ortigia ; le site archéologique de Syracuse ; la ville de Noto. Sans compter la plage de Fontane Bianche et la petite crique près de notre location.

J’ai beaucoup aimé le centre de Syracuse, avec ses façades, ses églises, les fontaines et les principales places. Le style vénitien y est très présent, et la ville m’a rappelé Réthymnon, en Crète, où j’ai passé trois étés. Mais – il y a toujours un mais – j’ai trouvé la ville assez « petite », du moins le cœur, et peu animée – comparé à la Crète où les magasins ferment après minuit, les restaurants et les rues débordent de touristes et de locaux. Je n’ai pas eu envie de dépenser de l’argent que je n’ai pas dans des tas de souvenirs, ni de flâner plus que ça. Disons qu’une fois le tour fait eh bien, c’était fait. De plus, les serveurs, restaurateurs et commerçants n’étaient franchement pas chaleureux, et l’impression de les déranger était omniprésente. Ce qui ne nous a pas incités à y manger, vous vous en doutez.

Nous avons cependant eu un gros coup de cœur pour le marché, qui est tout simplement… oufissime ! Vraiment. Les étals font envie, les poissons sont archi-frais, les légumes superbes, les fruits à croquer… Et les prix ! Pour vous donner une idée, les calamars oscillaient entre 5 et 8 euros du kilo, là où ma grand-mère les avait vus à plus de 20 en France. Les daurades et les soles ne dépassaient pas les 8 euros non plus. Idem pour les fruits et légumes, dont les prix étaient carrément canons et nous poussaient à acheter les abricots par kilos – il faut dire qu’un bon kilo était avalé pendant le trajet de retour à la voiture, mais chut. Et là, pour le coup, les commerçants étaient beaucoup plus sympathiques ! Ma mère a même sympathisé avec un poissonnier – elle a un don pour ça – et a pris une photo avec lui et son papa le dernier jour.

Je mentionnais plus haut la ville de Noto, où nous nous sommes également rendus. Nous avons eu l’impression de tourner un remake de The Walking Dead : rues désertes – au début je me suis même demandée si je ne m’étais pas trompée en rentrant la ville sur le GPS –, pas un bruit, pas un chat… Bizarre ! Après avoir grimpé une côte, nous sommes tombés sur un petit restaurant et, craignant de ne pas en trouver d’autres, y avons déjeuné. Quelle délicieuse surprise ! Le gérant était charmant, les plats très peu chers et vraiment très, très bons. Ma mère et l’une de mes sœurs ont dégusté le « mix fish » pour une vingtaine d’euros chacune, avec tout de même : une daurade entière, des poissons et calamars frits, des moules et plein d’autres bonnes choses. Après le repas, nous avons trouvé la seule rue un peu animée et visité l’église. Il faut savoir que la ville de Noto a été reconstruite il y a « peu de temps » – tout est relatif – après un tremblement de terre. Le style est donc assez récent, tout en étant très rococo. J’ai beaucoup aimé les façades, les rues, et ne comprends toujours pas pourquoi il y avait si peu de monde…

La Sicile m’a surprise, parfois négativement, parfois positivement. Le plus gros choc pour nous a été la saleté qui régnait dans la province de Syracuse. Je ne sais pas si c’est pareil pour les autres villes, comme Palerme, mais ici, c’était vraiment frappant. Les containers débordent de poubelles éventrées, les gens laissent leurs déchets n’importe où, les routes sont jonchées d’emballages et de bouteilles… Je me plaignais de la France, mais à côté de nos cousins siciliens, nous sommes des Monsieur Propre incarnés !

Malgré tout, j’ai passé de très belles vacances, avec ma famille, dans une maison vraiment super(be). J’ai partagé mon temps entre faire à manger – ce qui n’est absolument pas une corvée pour moi mais un réel plaisir, une passion même –, lire encore et encore, et me baigner dans cette belle piscine. Et même si la province de Syracuse est cradi-crado, même si la plupart des gens sont plutôt froids vis-à-vis de touristes, j’y retournerais sûrement avec plaisir, rien que pour profiter de la nourriture et du beau temps – farniente et kilos en trop, ça, ce sont de vraies vacances ! Enfin, quand je dis kilos en trop, j’exagère, nous avons mangé du poisson et des tas de légumes, rien de bien gra(ve)s.

Ici s’achèvent mes chroniques, mon récit du Voyage au Bout de l’Italie. J’espère vous avoir un peu embarqués avec nous dans notre minibus de location, d’un bout à l’autre de ce merveilleux pays qu’est l’Italie, où la mozzarella est reine et côtoie la truffe, les tomates, et le Spritz. Où chaque rue, chaque place renferme des trésors qui ne demandent qu’à être vus et à nous émerveiller. Pour finir, j’avais envie de vous donner la liste des romans que j’ai lus. Je vous épargne celle des chansons que nous avons le plus écoutées – et chantées comme des casseroles – pendant ce mois de vacances, car elle est beaucoup trop longue !

Les livres :

·     – « La Dernière Etoile« , Rick Yancey (tome 3 de La 5ème Vague)

·     – « C’est ici que l’on se quitte« , Jonathan Tropper

·     – « Les Cités Englouties« , Paolo Bacigalupi

·     – « La dernière réunion des filles de la station-service« , Fannie Flagg

·     – « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes« , Stieg Larsson (tome 1 de Millénium)

·     – « Le trône de diamant« , David Eddings (tome 1 de La Trilogie des Joyaux)

Merci d’avoir fait ce bout de chemin avec moi – qui représente tout de même un certain nombre de kilomètres – et à très vite pour un nouvel article, talentueusement pop !

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