Voyage au bout de l’Italie, Chapitre 1 : L’amour est enfant de bohème – mais pas que.

Oyez, oyez, chers lecteurs ! Nous nous retrouvons aujourd’hui pour un article un peu différent. A vrai dire, chez Votre Talent, nous avons décidé d’appeler ça une chronique – ouais, carrément. Bon, je ne vais pas faire durer le mystère plus longtemps, même si le titre a déjà dû vous éclairer : en ce premier dimanche de septembre, je vous entraine plusieurs semaines en arrière pour vous raconter mon périple italien. L’occasion de vous raconter mes (més)aventures, de vous filer quelques bonnes adresses, et surtout de prolonger un peu les vacances qui, j’en suis sûre, vous manquent déjà ! Alors, attachez bien vos ceintures, parce que c’est parti mes kikis…

Nous partîmes cinq cents… Non, en fait – n’en déplaise à Corneille – nous partîmes seulement sept, à savoir mes parents, mes sœurs, le cher et tendre de ma sœur, mon amoureux et moi-même, et croyez-le ou non, c’est déjà une sacrée expédition !

Première étape : Châtillon, dans le Val d’Aoste. Une jolie ville, mais qui semblait abandonnée tant les rues étaient vides… Si l’hôtel nous a déçus avec, entre autres, sa piscine qui fermait à 18h – alors qu’après une journée de voiture nous rêvions tous de pouvoir faire trempette – ce n’est pas le cas de la nourriture. Merci Trip Advisor – je vous rassure, je n’ai pas de parts chez eux, mais j’avoue que j’utilise souvent l’application en vacances – de nous avoir dirigés vers une vraie perle, alias L’Osteria Numero Uno. Un restaurant qui porte bien son nom, si vous voulez mon avis – certes, un peu arbitraire vu que nous n’avons pas testé les autres…

Cuisine traditionnelle, typique du val d’Aoste, à la bonne franquette, des produits frais, de qualité et faits maisons, et surtout des hôtes charmants… Tout ce que j’aime ! Le mari au service, la mamma aux fourneaux – cuisinière relativement connue dans la région puisque ses recettes ont tout de même été publiées dans deux livres. Non seulement nous avons très bien mangé, pour un prix totalement correct vu la qualité des produits proposés, mais surtout nous avons rencontré un couple charmant, et ça, c’est vraiment cool ! Car au-delà de la nourriture, il y a le plaisir de la rencontre, de l’échange… Et puis, avec du génépi et du sapin bien frais, les liens se créent tous seuls !

Le lendemain, direction Bergame, une ville où nous étions déjà allés six ans plutôt et que nous avions beaucoup aimée. L’occasion également de retourner au Joia Hotel à Brusaporto, que je vous recommande vivement ! Pour la petite histoire, Bergame est une ville située à une cinquantaine de kilomètres de Milan, divisée en deux parties : la ville haute et la ville basse. Nous avons visité la partie haute, entourée d’une enceinte construite au XVIème siècle. J’ai redécouvert cette ville avec plaisir, la trouvant encore plus belle que dans mes souvenirs ! Après avoir déjeuné à L’Albergo Del Sole – comme six ans plus tôt –, un restaurant sympathique avec jardin ombragé, nous nous sommes promenés dans les petites rues pavées. De vrais commerces, qui faisaient envie, nous attendaient à chaque coin de rue – et non un alignement de boutiques fermées ou de magasins cheap. Faute de temps, nous nous sommes concentrés sur la basilique Santa Maria Maggiore, la Tour Civique et la Chapelle Colleoni – en fait les trois places to be à proximité de la Place Vieille.


Le soir, nous avons découvert El Fiore Dell’Oste. Une très bonne surprise gustative, un peu moins bonne au niveau relationnel – disons pour faire bref qu’ils n’ont guère fait d’efforts pour communiquer avec nous, pauvres touristes étrangers qui ne parlent pas italiano couramment. Coup de cœur pour le mix d’entrées de la maison : on y trouve des spécialités locales plutôt que de la charcuterie et du fromage « à touristes ». J’entends par là les plats avec toujours la même chose, alors que d’une région à l’autre les fromages et les viandes sont très variés, par exemple le bleu d’Aoste n’a rien à voir avec le bleu de Buffala que vous trouverez dans le sud.

 « Vous êtes à Vérone, la belle Vérone »… Si toi aussi tu as la comédie musicale des années 2000 dans la tête, tape dans tes mains ! En tant que fan accomplie, je me devais d’emporter le CD pour le mettre à fond pendant le trajet, non ? Mais avant d’arriver dans la ville des amants maudits, l’une de nos principales étapes, nous nous sommes arrêtés manger au Ciclone, au Lac de Garde. Roméo, Juliette, et surtout Carmen, pouvaient bien nous attendre encore quelques heures, après tout ! Surtout que leur tiramisu « break up » valait carrément le détour…

Mais penchons-nous sur Vérone, la première grosse étape de notre voyage donc, et pour cause : nous allions aux arènes pour voir Carmen. Si mes parents s’étaient déjà rendus à l’Opéra, et plus particulièrement ma mère, c’était une première pour mes sœurs, nos chers et tendres et moi-même. J’en avais vu quelques-uns à la télé – mais franchement on peut les compter sur les doigts d’une main – et écouté d’autres quand ma mère les passait à la maison, mais ma culture lyrique s’arrête là. Alors bien sûr j’étais surexcitée à l’idée d’en voir un, en vrai, avec mes yeux de novice. D’autant plus que Carmen est une œuvre facile à comprendre et à aborder, l’idéal pour une première – merci maman, et merci Monsieur Bizet d’avoir écrit un livret que même les ignares comme nous peuvent apprécier.


Petit résumé : Carmen, une belle brune espagnole, travaille dans une usine de fabrication de cigarettes, avec de nombreuses femmes, les cigarières, qui aiment se crêper le chignon. Elle a le sang chaud, mais pas que : c’est une femme à hommes – dont elle se lasse relativement vite. Un beau jour, notre chère Carmencita va jeter son dévolu sur Don José, un soldat promis à une jolie blondinette, Micaela. Don José va d’abord résister aux avances de Carmen, mais vous vous en doutez, les belles promesses ne durent guère et il finit par… Enfin vous voyez quoi. Carmen, qui fricote avec les contrebandiers, va faire passer son José chéri du côté obscur, en l’entrainant dans des affaires assez louches. Entre-temps, elle va également croiser la route d’Escamillo, le toréador beau-gosse et plein aux as ; et forcément, ça remet tout en question ! Surtout qu’avec José il y a de l’eau dans le gaz, Monsieur regrette sa vie bien rangée de petit soldat, tout ça tout ça. Arrive alors Micaela, venue récupérer son bien-aimé José. Elle lui annonce que sa mère est mourante et qu’il doit vite rentrer à son chevet – perso, j’y crois pas trop, je pense qu’elle lui dit surtout ça pour le récupérer. La voie est libre, Carmen peut roucouler avec son nouvel amant, le toréador. Elle se rend à Séville pour assister à l’un de ses combats, mais c’est elle qui trouvera la mort, poignardée par Don José qui, en gros, a les boules de ne pas pouvoir la récupérer.

Bon, comme d’habitude, la femme est une vilaine croqueuse d’hommes profiteuse qui change d’homme et d’avis comme de culotte. Mais pour une fois j’ai laissé de côté la part féministe qui sommeille en moi pour pleinement profiter du spectacle. Et ça en valait la peine, car j’ai vraiment adoré. La mise en scène de Zeffirelli était impressionnante : costumes et décors magnifiques. Ca chantait, ça brillait, ça chatoyait dans tous les sens. Un petit bémolcependant, et pas des moindres : l’interprète d’Escamillo était mauvais. A tel point qu’il s’est fait siffler à la fin – et croyez-moi, s’il y a bien une chose que ma mère et ma grand-mère m’ont répétée avant la représentation, c’est qu’à l’opéra on siffle quand c’est pourri. Au début je me suis dit que ça venait peut-être de moi qui, n’étant absolument pas une connaisseuse, ne savait pas apprécier sa voix. Mais quand j’ai vu la tête de ma mère, j’ai compris que j’avais vu juste. Il a commencé par ne pas chanter assez fort, pour finir par chanter mal… J’en venais à me demander si ce n’était pas mieux quand on l’entendait à peine… Mais cela ne m’a aucunement empêchée de profiter pleinement du spectacle, et nous sommes tous ressortis des arènes avec des étoiles plein les yeux – ainsi qu’une grosse envie de faire pipi, mais ça, c’est tout de suite moins glamour.

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