Requiem pour une musique en perdition

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Je me souviens… Je me souviens de mon enfance, bercée par les notes des compositeurs tels que Beethoven et Mozart. Je me souviens d’avoir grandie sur les notes de saxophone d’un bon vieux jazz, avoir écoutée Marcus Miller et vouloir faire de la musique comme lui. Je me souviens… Je me souviens avoir cherché mon propre style de musique, celui qui me collerait à la peau, celui qui saurait traduire ce que je ne peux exprimer, celui qui pourrait sécher mes larmes ou les provoquer. Celui qui me ferait danser ou qui me donnerait envie de chanter sur les toits sans honte ni complexe. Celui qui montrerait au monde qui je suis vraiment. Dans mon cas j’ai trouvé le reggae et ses paroles humanisantes, revendicatrices, ses rythmes qui font bouger tout un chacun et ses sonorités colorées, une dose de positivité. J’ai aussi trouver le rock quand j’étais au collège. Je voulais être comme Avril Lavigne, rebelle au cheveux rose, à faire du skate et de la guitare. On a tous nos périodes petites filles… J’ai évolué et me suis mis à aduler Scorpions, ACDC, Radiohead et Arctic Monkeys. J’adorais déprimer sur Creep, pensant que cette chanson résumait mon quotidien d’adolescente torturée. La musique m’a construit, et j’ai trouvé qui j’étais grâce à elle. 

 

Vous devez vous demander pourquoi ce déballage d’enfance ? Voila pourquoi… Aujourd’hui j’ai éteins télévision et radio depuis déjà 3 mois. Je me suis coupée du monde numérique et l’actualité ne m’intéresse pas en se qui concerne la musique. Quand j’y réfléchi, je ne pense plus au fait que la musique soit devenu un instrument du capitalisme, non. Je pense aux enfants qui grandissent au milieu de vocoder et musiques électroniques. Plus aucune âme ne transcende les ondes, tout se que nous entendons désormais sont des artistes qui nous chantent à bord d’une Porsche Cayenne a quel point la vie de la cité c’est dur, que la France ne les aiment pas parce qu’ils sont noirs, jeunes et de quartiers, que notre vie est pitoyable parce qu’on a pas de jolie meuf a 13 ans et que coucher, boire et se droguer est indispensable pour réussir sa jeunesse. Dans quel principes de vie avons nous laissés nos petite têtes blondes ? La musique comme je l’écris au début de cet article nous a tous aidés à nous construire. Très peu me diront le contraire. Est ce avec ces valeurs aussi profondément stupides, amères, égoïstes, machistes et destructrices que vous voulez que nos générations futures grandissent ? 

 

En discutant de cela avec mes frères je me suis rendue compte de quelque chose. Désormais, les jeunes n’écoutent plus de la musique pour se sentir mieux, pour avoir des valeurs ou entendre des paroles qui les transpercent et les font rêver à un autre monde. Non, bien au contraire, ce qu’ils recherchent ce n’est qu’avoir de la musique pour ne pas réfléchir, un beat qui comble le vide et un son pour faire la fête. Il faut pouvoir danser et emballer des filles, tels sont les critères de la bonne musique actuellement. 

 

Ainsi est la musique de nos jours, déshumanisée et déshumanisante. Premier vecteur de stéréotypes négatifs, elle reflète une triste réalité. A défaut de dealer, faire du son bidon est devenu un très bon moyen de faire de l’argent facile.

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