C’est culte ! : Analyse de la série « Les Soprano »

C’est culte ! : Analyse de la série "Les Soprano"

Il y a quelques mois, j’ai décidé de regarder « Les Soprano ». Série souvent présentée comme culte, je me suis dit qu’il fallait vraiment voir ce monument de la télévision pour compléter ma culture des séries. 

La Cène

86 épisodes, 6 saisons, les mafieux sont entrés dans mon cœur et en tant que Rédactrice sur VotreTalent, je devais vous en parler. Diffusée sur HBO entre 1999 et 2007, Les Soprano ont ouvert un nouveau champ dans l’histoire des séries au début des années 2000. Je me frotte aujourd’hui à un grand monument et je vais faire de mon mieux pour rendre hommage à cette grande série. 

Le point de départ des Soprano

Vanity Fair

Pour vous aiguiller sur les bases de l’histoire : Anthony Soprano vit dans le New Jersey. Ce gangster souffre de crises de panique et commence à consulter Jennifer Melfi, une psychiatre. Il va se confier indirectement sur sa carrière de criminel mais aussi sur sa vie de famille avec sa femme Carmela, ses deux enfants Meadow et AJ, sa mère Livia, son oncle Jun et même ses nombreuses maîtresses.

Pourquoi regarder cette série ?

– Pour mieux connaître le milieu de la mafia

– Pour les acteurs irréprochables et surtout pour l’interprète de Tony Soprano : Monsieur James Gandolfini qui nous a quitté à l’âge de 51 ans en 2013 

– Pour les références à d’autres films cultes

– Pour les sujets traités : l’argent, l’amour, la déprime, les ambitions dans la vie

– Pour les musiques et surtout le générique

– Parce que c’est culte bien sûr !

Pour ceux qui n’ont pas vu la série, mieux vaut vous arrêter là dans la lecture de l’article. Les paragraphes qui suivent vont plus loin dans l’analyse. 

– ATTENTION SPOIL – 

La fascination Tony Soprano

RTL.fr

Difficile d’avoir de l’attache pour un mafieux. J’étais toujours très partagée sur mes sentiments à l’égard de Tony. En tant que père, le personnage est intéressant : il ne veut que le bien pour ses enfants. Dans la saison 1, il accompagne sa fille Meadow à ses divers entretiens pour qu’elle entre à la fac. Il est drôle, sévère mais juste et donc très attachant. Sa dégaine et sa façon d’être lui donne un côté Monsieur Tout le monde. L’image d’un Tony en robe de chambre allant chercher tous les matins son journal devant sa maison restera à jamais gravé dans ma mémoire.

D’un autre côté, il orchestre des meurtres, il trompe sa femme et tout cela fait de lui une mauvaise personne qui fait sa propre loi et vit selon ses envies. Tony a un côté égoïste sur le fait de tromper Carmela, qui, elle, n’agit pas forcément de son côté pour vraiment s’en sortir. Comme si elle ne pouvait pas faire autrement, comme si cette vie lui était imposée et qu’elle en était prisonnière : elle ne travaille pas et vit de « la réussite » de son mari. Finalement, on se rend compte que cette femme aime le pouvoir et l’argent, et qu’elle cautionne les activités de son homme. 

Par ailleurs, en tant que jeune femme, je ne cautionne pas forcément le statut de la gente féminine dans cette série bien que ce soit par moment une triste réalité. 

Tony a donc deux visages, d’où le fait que le personnage est complexe et très intéressant à l’instar de Walter White dans « Breaking Bad ». Tony Soprano parait sympathique mais il reste un homme dangereux, qui n’hésite pas à tuer pour le « bien-être » de son groupe de mafieux.

Les sujets de société traités par la série

Ce qui a retenu mon attention, ce sont les nombreux sujets de société. L’un des sujets principaux est la dépression : celle de Tony mais aussi celle d’AJ son fils en second plan et qui est approfondi dans les dernières saisons. Une dépression palpable dans laquelle on peut se reconnaître quand on traverse des moments difficiles dans sa vie. 

David Chase, le créateur de la série a fait mûrir l’image de Tony Soprano. En effet, au début l’homme se rend chez son psychiatre pour étaler tous ses problèmes et savoir d’où proviennent ses crises de panique. Il pense que sa mère, qu’il voit comme une victime manipulatrice, en est grandement à l’origine. Le réalisateur le dit lui-même : il avait un plan précis pour le développement émotionnel du personnage. Tout au long de la série, il voulait que Tony Soprano prenne conscience qu’il est son pire ennemi. Il est à l’origine de sa propre destruction et il n’est pas quelqu’un que l’on doit plaindre. David Chase ne voulait pas que le spectateur oublie que son personnage principal est un gangster, un mafieux. 

Par ailleurs, on ne s’attache pas seulement à Tony mais aux autres mafieux qui on le sait, ne sont pas des bonnes personnes. Malgré tout, ils sont rentrés dans notre cœur et certains plus que d’autres. Pour ma part, je suis restée très attachée à Christopher. 

Les références de la série

La mafia et moi : ça fait 10. Je ne suis pas très attirée par ce milieu et finalement j’avais envie d’en savoir plus. Par où commencer ? « Les Soprano » a été une bonne base pour mieux connaître et comprendre précisément le domaine, la façon de penser des gangsters et tous les enjeux.

Par la suite, en regardant d’autres séries ou films, j’ai compris certaines références que je ne voyais pas auparavant : Les mafieux dans « Les Simpsons » par exemple.

J’ouvre mon prochain paragraphe en disant que la série a été précurseur et a donné le ton à de nombreuses séries : l’histoire d’un héros tourmenté pas forcément glamour, une ambiance globalement lente avec beaucoup de dialogues et des scènes magnifiquement filmées qui en dévoilent beaucoup et méritent analyses ! 

Les Soprano : une source d’inspiration

Bien que la série ce soit inspirée et se réfère à de nombreux films autour de la mafia tel les Parrains notamment, « Les Soprano » a ouvert la voie à d’autres séries qui à leur tour sont devenues cultes. Je pense fortement à « Breaking Bad » que j’ai vu bien avant « Les Soprano ». A ce jour, « Breaking Bad » était pour moi la série du siècle. En regardant « Les Soprano », j’ai compris que Walter White était le nouveau Tony Soprano de nos écrans (et non l’inverse). 

La scène finale : du pur génie ?

Difficile de s’arrêter dans l’analyse… S’il y a des fans, je serai ravie de débattre avec vous des nombreux sujets de la série, de scènes choquantes, de moments prenants et émouvants sans oublier la scène finale qui m’a au départ laissé bouche bée. J’ai commencé à me dire que l’épisode avait coupé, que je n’avais pas eu le final en entier ! La scène finale s’arrête brusquement. On voit Tony dans un fast food qui est rejoint au fur et à mesure par Carmela, puis AJ et Meadow. Tony guette autour de lui, il ne se sent pas forcément en sécurité et observe. On voit plusieurs hommes un peu louches. Quand finalement Meadow arrive, pousse la porte, on entend la cloche, le regard de Tony se fige sur l’entrée du restaurant et… Ecran noir. Le réalisateur a sans aucun doute voulu laisser place à l’imagination du spectateur… Ce qui me fait penser au mouvement littéraire appelé Le Nouveau Roman qui consiste à laisser libre cours à l’imagination du lecteur. Terminer une grande série sur cette note est osé mais finalement génial.