« La Disparition de Stephanie Mailer » de Joël Dicker ou pourquoi il faut se méfier des festivals de théâtre et des stations balnéaires

joel dicker

L’écrivain Joël Dicker a repris sa place sur les étagères des librairies depuis le début du mois de mars avec son nouveau roman La disparition de Stephanie Mailer et on a hâte de vous en parler !

Joël Dicker, l’écrivain et maître du suspense, est revenu ce mois-ci avec un nouveau roman policier haletant. Vous le connaissez probablement depuis 2012, année marquée par la parution de « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert », le roman qui, en plus d’avoir conquis un large public, a également valu à son auteur le Prix Goncourt des Lycéens et le Grand Prix de l’Académie Française. Et cela sans compter la préparation d’une mini-série adaptée par Jean-Jacques Annaud et avec Patrick Dempsey dans le rôle principal pour la rentrée ! S’ensuit à ce succès un second roman, « Le Livre des Baltimore », bien loin de l’atmosphère électrisante du précédant, il ne parvient pas à faire l’unanimité en dépit du Drame. En effet, le public ne se fait pas au changement d’ambiance et Marcus Goldman ne parvient pas à faire la transition avec les autres personnages – qui restent malgré tout complexes et attachants.

Près de trois ans après son dernier roman, Joël Dicker a rangé Marcus dans son placard à écrivain et revient muni d’une palette de nouveaux personnages et d’une affaire sordide à fermer sa porte à clef. Petite introduction à l’intrigue, intonation Pierre Bellemare : Nous sommes le 30 juillet 1994. Le maire de la station balnéaire d’Orphéa, sa famille, ainsi qu’une passante témoin de la scène, ont été sauvagement assassinés. Deux jeunes policiers, Derek Scott et Jess Rosenberg, mènent brillamment l’enquête qu’ils résolvent en un rien de temps. Cependant, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stéphanie Mailer clame qu’ils n’ont pas le bon coupable…

Comme à son habitude, Joël Dicker met en place un compte à rebours dès les premières pages du roman pour mieux nous tenir en haleine jusqu’à La Nuit noire, dont ne sait vraiment si elle apparaît comme le début ou la fin de ces mille retournements de situation. Il se joue aussi de la chronologie, mettant en parallèle l’enquête actuelle et celle de 1994 sous forme de flash-backs, construits à partir des souvenirs des différents personnages. Le rythme soutenu fonctionne et les 640 pages se lisent avec une fluidité déconcertante prêtant à la fameuse Nuit noire des airs de nuit blanche*.

Côté personnages, l’ambiance pittoresque du littoral américain a son charme et on se prend à sourire devant l’étalage d’extravagance dont nous abreuve Meta Ostrovski, l’infâme critique littéraire, avant de tomber en admiration devant Anna Kenner, la policière audacieuse et intrépide qui nous fait découvrir les recoins sombres d’Orphéa. Grâce à son panel éclectique de personnages, l’auteur explore la théorie de Frigyes Karinthy sur les « six degrés de séparation » selon laquelle toute personne peut être reliée à n’importe quelle autre, par une chaîne de relations individuelles comprenant au plus six maillons. Ainsi, il ne s’agit pas d’une seule histoire, mais bien d’une multitude d’histoires qui se croisent et se décroisent tout au long de l’œuvre, faisant du labyrinthe un puzzle dont les pièces s’assemblent petit à petit pour laisser place à la grande révélation finale.

La Disparition de Stéphanie Mailer est le roman policier qui vous tiendra le mieux compagnie quand les jours sont gris et s’il ne trône pas déjà sur votre table de chevet, je ne peux que vous encourager à vous le procurer.

* L’auteure de ce texte a conscience du faible niveau de sa blague, mais est certaine que vous l’apprécierez à sa juste valeur après avoir terminé votre lecture du roman.