« La Belle Sauvage » ou le retour de Philippe Pullman dans vos bibliothèques

"La Belle Sauvage" ou le retour de Philippe Pullman dans vos bibliothèques

La Belle Sauvage est enfin sortie en France cet hiver après plus de dix ans d’attente de la part des nombreux fans de l’auteur anglais Philippe Pullman.

Il y a quelques années, à l’heure ou J.K. Rowling partageait les histoires du jeune Harry Potter et Pierre Bottero celles d’Ewilan, Philipe Pullman nous contait l’histoire de deux adolescents, Lyra Belacqua et Will Parry, qui voyageaient à travers des univers parallèles, naviguant d’aventure en aventure, tout en franchissant les étapes du passage à l’âge adulte. La trilogie A La Croisée des mondes, écrite pour un public adolescent, a finalement conquis un ensemble de lecteur bien plus large dans les années 1990, avec ses différents volumes : Les Royaumes du Nord (1995), La Tour des anges (1997) et Le Miroir d’ambre (2000).

La Belle Sauvage, premier tome de la Trilogie de la Poussière (en anglais The Book of Dust), vient ici se poser comme un préquel à l’histoire de Lyra et de la poussière comme l’explique la quatrième de couverture du roman :

« À l’auberge de la Truite, Malcolm, 11 ans, et Alice, 16 ans, aiment écouter les aventures des visiteurs. Certains sont étrangement intéressés par un bébé nommé Lyra et par son daemon Pantalaimon, gardés par les nonnes du prieuré tout proche. Alors que de nombreux dangers menacent l’enfant, les deux adolescents s’enfuient avec lui à bord de la Belle Sauvage, le bien le plus précieux de Malcolm. »

Après tant d’années, il semblait difficile au premier abord de se replonger dans l’œuvre de Pullman, mais il s’avère que les personnages attachants nous emportent assez rapidement sur le pont de La Belle Sauvage, et que l’on redécouvre avec un plaisir non dissimulé l’univers des daemons et de l’aléthiomètre. N’ayez pas peur de l’épaisseur du roman, les pages glisseront  sans problème entre vos doigts bien plus rapidement que vous ne l’imaginez. En effet, votre curiosité sera très vite attisée par des gitans et des érudits, et puis aussi par un homme à l’aspect peu commode qui se balade avec un daemon hyène… Je vous dirai bien de ne pas vous en approcher, mais je vois bien qu’il est déjà trop tard, vous avez saisi le livre sur votre table de chevet et vous vous apprêtez à passer une nuit blanche – je ne peux pas vous le reprocher, il y a des choses qui n’attendent pas demain.

Alors que  l’intrigue se met progressivement en place, vous avancerez au travers d’une lecture fluide et confortable, un peu comme les soirées au coin du feu. Le cœur, cependant, devra être bien accroché car il ne pourra probablement pas s’empêcher de bondir hors de votre poitrine lorsqu’il apercevra au bout d’une ligne l’ombre de Lord Asriel ou le sourire mauvais du singe de Mrs Coulter. Vous vous prendrez alors à frissonner devant ces personnages qui vous reviennent par réminiscence. Comme des ami·e·s qu’on n’a pas vu·e·s depuis longtemps,  leur histoire vous reviendra pendant que vous déterrerez avidement les secrets de leur passé.  Page après page, c’est l’esprit intrépide de Malcolm qui guidera votre fuite vers l’inconnu avec ses questionnements et ses intuitions ; et vous serez comme penché·e·s, juste derrière son épaule, retenant votre inspiration jusqu’à la prochaine étape du voyage…

Et puis, il y a cette chose que l’on a vraiment envie de savoir : comment est-ce que tout a commencé ?