La chronique de Noël

Aujourd’hui commence les trois jours autour de Noël. Nolwenn nous fait l’honneur d’une petite chronique décalée…

Toute ma vie a été tracée pour que j’arrive à ce jour. 
Mon père, un grand homme, m’a façonnée toute ma jeunesse pour que j’attire les regards, que je sois remarquée parmi les autres. J’étais sa fierté, son « petit bijou » comme il m’appelait.
Pendant mon adolescence j’ai essayé de me rebeller, de sortir des règles fixées par ces grands livres de lois, tous plus gros les uns que les autres. Ils brident l’imagination et la liberté de tout un chacun. Du moins c’est ce que je pensais quand j’étais encore jeune et naïve. Maintenant que j’ai étoffé mon vécu, je comprends. Ces grandes tables de la loi sont faîtes pour que nous soyons bien formées et parfaites.

Aujourd’hui, en ce 24 décembre, mon père m’a offert une tenue magnifique. Je serai en prune et chocolat, un petit chapeau groseille sur la tête. Je serai la plus belle pour les fêtes, j’en ferai des jaloux.
J’adore Noël. Je suis un peu fleur bleue… Papa dit que j’ai un coeur fondant, que je suis une guimauve à l’intérieur. Il n’a pas tort.
La clochette sonne. Je me tourne vers la porte et le vois. Il est beau,il me regarde, il me désire. A travers les brumes de mon esprit, je l’entends parler avec mon père. Il lui demande s’il peut m’emmener en balade. Après négociation, le beau jeune homme passe son bras autour de moi et m’enlève à mon quotidien.
Il pousse la porte de chez lui et me présente à ses enfants. La fête va être géniale ce soir et j’y participerai en tant qu’invitée d’honneur. Je me sens flattée, je fonds devant tant de chaleur humaine…

Il est 00:46. Les enfants ont leurs beaux joujoux entre les mains et s’amusent. Les étoiles dans leurs yeux scintillent de toute leur force. Au pied du sapin jonchent les restes des emballages colorés, arrachés avec entrain par les petits anges. Le feu crépite dans la cheminée. Les parents regardent tout sourire leur progéniture. Le Père Noël a encore frappé.
Mon beau sauveur, me tenant par la taille annonce le dessert. Je me sens importante. Tous les regards se tournent vers moi. La table est magnifique, décorée de houx et de petites paillettes multicolores. Des chandeliers ornent celle ci répandant leur chaleur à la joie de vivre des convives. C’est un moment magique, plein d’amour et de positivité. Rien ne peut les atteindre en ce moment précis, comme si une immunité s’était emparée du monde et avait interdit au malheur de s’approcher de l’humanité, juste pour quelques heures.

Les femmes regardent ma robe et s’extasient d’une aussi jolie couleur. On me dit que je suis à croquer, on félicite mon homme de m’avoir trouvée et conviée à la fête.
J’aurai profité pleinement de ma vie. En donnant le sourire à ces gens de part ma présence à leur repas, j’ai accomplie ce que tout le monde cherche au quotidien: j’ai effleuré le bonheur. Mon destin de bûche de Noël s’arrête ici, ma dernière part est avalée. J’espère que vous aussi vous rencontrerez une de mes soeurs et qu’elles vous apporteront autant de bonheur que je l’imagine.

A vos fourchettes, dégustez !

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