120 battements par minute : le film qui représentera la France aux Oscars 2018

Arnaud-Valois-interprete-Nathan-nouveau-parmi-militants-dAct-Up-Paris_0_729_500

Malgré des traitements plus efficaces qu’hier, la lutte contre le Sida a changé de visage. Pourtant nous sommes tous égaux face au SIDA, cette épidémie où les traitements ne permettent pas encore une guérison réelle. Une information d’apparence évidente qui ne l’aurait jamais été sans la lutte de militants comme ceux d’Act Up. Retour sur 120 battements par minute, le film engagé qui bouleverse à travers le monde.

« Nous vivons le Sida comme une guerre, une guerre invisible aux yeux des autres »

Au début des années 90, le Sida est très peu connu et la prévention n’est que très minime. C’est donc par des actions spectaculaires qu’Act Up Paris veut montrer que l’urgence est réelle. Dans l’indifférence générale, un nombre grandissant de personnes séropositives succombent dans la douleur et la honte aux ravages de cette maladie. Le groupe d’activistes est révolté par l’inaction des pouvoirs publics, des laboratoires et de la société. Cette tension est palpable que ce soit dans les mots ou dans les corps de ces individus engagés. Le groupe surprend, le groupe choque. Il faut briser le silence pour sensibiliser, briser le silence pour progresser, briser le silence pour sauver des vies.

Ce film se veut universel car la maladie ne touche pas uniquement les homosexuels. Mais le film est aussi une incitation à la tolérance portée par la musique phare du film « Smalltown Boy » reprise dans une version alternative. Ce tube des années 80 est un symbole de la non acceptation des homosexuels et du rejet subi au sein de leur famille et de la société. Leur révolte va ainsi au-delà de la simple maladie mais aussi de la place qui leur est accordée par la société.

Ne vous contentez donc pas de voir ce film comme un simple documentaire sur Act Up, c’est aussi un hymne à la vie. Robin Campillo met à la lumière la rage de vivre des militants séropositifs dans un contexte social difficile. C’est une course contre la montre où chaque battement, chaque baiser, chaque pas de danse est un nouveau pied de nez à la mort qui plane sur leurs vies.  C’est une révolte euphorique où les mots composent des discours fougueux et des slogans percutants. C’est une bataille où chaque action est un nouveau bras de fer pour ces militants aux profils contrastés.

« Robin Campillo nous offre un film exceptionnel sur un sujet cruellement universel et toujours d’actualité » explique Frédérique Bredin, présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Il révèle un brillant jeu d’acteurs et une révélation pour le cinéma français, Nahuel Perez Biscayart, d’origine argentine.

Cette lutte, trop peu connue, menée par ces hommes et ces femmes courageux, nous rappelle l’importance de nous protéger face à cet ennemi que l’on nomme le VIH. La fougue, la colère, l’amour, le plaisir… ce sont finalement des sentiments parfois contradictoires qui s’enchainent, se contredisent et s’entremêlent pour créer un film universel.

Retrouvez ci-dessous la bande annonce du film sorti en août 2017 dans les salles :