En finir avec Eddy Bellegueule : un roman sans filtre sur la condition sociale et l’homosexualité

En finir avec Eddy Bellegueule : un roman sans filtre sur la condition sociale et l'homosexualité

« En finir avec Eddy Bellegueule » d’Edouard Louis est un roman autobiographique choc sur l’homosexualité et la condition sociale. Ce premier roman, écrit en 2014 à l’âge de 21 ans, a rencontré un vif succès à travers le monde, traduit dans une vingtaine de langues.

Être un dur, c’est la coutume lorsqu’on est un homme. Et puis Eddy Bellegueule, ça fait très mauvais garçon. Dans le petit village de Picardie d’Eddy, il est commun d’être ouvrier, alcoolique et violent, souvent raciste et homophobe. Pour devenir une femme, il faut faire des enfants, au risque d’être considérée comme lesbienne et frigide. Pour le reste, mieux vaut être caissière ou femme au foyer, pour ne pas risquer de gagner plus que son mari.

Eddy semble mal tombé… Depuis longtemps, il se trouve beau avec les vêtements de sa sœur, il a une voix aigüe, se dandine, fait des manières avec « des grands gestes de folle », et se sent de plus en plus attiré par les hommes. C’est avec dégoût et honte que lui et les autres remarquent son esthétique féminine. Eddy devient « l’enfant bizarre » du village, « la pédale et l’enculé » harcelé du collège, « la gonzesse de la famille ».

Persuadé qu’il n’est pas normal, il tente de se convaincre : « Aujourd’hui, je serai un dur ». Eddy ne voudrait pas qu’il lui arrive malheur : « Faut les pendre ces sales pédés, ou leur enfoncer une barre de fer dans le cul ». Alors, il traîne avec des garçons et joue au foot pour rassurer ses parents, joue à l’homophobe pour ne pas apparaître comme homosexuel, tente en vain quelques relations amoureuses avec des filles… Le collège terminé, fini d’essayer d’être comme tout le monde : Eddy Bellegueule devient Edouard Louis.

Car le titre de ce roman autobiographique, « En finir avec Eddy Bellegueule » en dit long sur son auteur. Edouard Louis a abandonné son patronyme (Eddy Bellegueule) pour celui d’auteur, et en finir avec le seul souvenir qu’il garde de son enfance : l’enfer. « En finir avec Eddy Bellegueule » met en lumière la condition et la misère sociales et chamboule par sa réalité : qu’est-ce qu’être différent dans un milieu établi comme « normal » ? Edouard Louis écrit sans artifices : il cite sans filtre les insultes, n’hésite pas à donner des détails crus, quitte à parfois gêner.

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