Pourquoi Dunkerque est le film que nous attendions sans le savoir?

Pourquoi Dunkerque est le film que nous attendions sans le savoir?

Après un carton aux Etats-Unis, Christopher Nolan (« The Dark Knight« , « Inception« , « Interstellar« ) revient sur les écrans français avec son film « Dunkerque ».

Depuis le 19 juillet 2017, les salles de cinéma en France ne désemplissent pas, et pour cause, Christopher Nolan est de retour. Dans « Dunkerque« , le réalisateur retrace le sort des alliés pris au piège par les allemands sur la plage de Dunkerque en mai 1940.

La seconde guerre mondiale est un thème très prisé du cinéma et il est aujourd’hui difficile de sortir du carcan et des clichés qui en découlent, c’est pourquoi le réalisateur a choisi de développer un point de vue original en n’envisageant pas le film comme un film de guerre mais plutôt comme un film sur la guerre.

Loin des habituels massacres barbares où le sang coule à flots ou des scènes de sexe torrides qui couvrent nos écrans à l’heure actuelle, Christopher Nolan s’est armé de douceur, de justesse et de la musique d’Hans Zimmer, pour ramener le spectateur dans les embruns de mai 1940 aux côtés des 400 000 hommes encerclés sur la jetée de Dunkerque.

Loin également du film de guerre où les grenades ruissellent et où les héros ont des airs de gaillards téméraires, Nolan ravive humanité et réalisme en rappelant que l’Homme n’est pas manichéen, et plus encore en temps de guerre. Il entrouvre la porte de l’Enfer, en tension, tout au long du film, laissant au spectateur le soin d’embarquer dans l’histoire par ses propres moyens. Ce dernier se retrouve alors confronté à une réalité brute, vraie, et dans laquelle sa moralité, son engagement, et son désir de vivre sont questionnés sans relâche.

En effet, « Dunkerque » n’est pas un film paresseux. Nolan prend le pli de ne refuser de montrer les affres de la guerre à la manière d’un spectacle pour mieux  sous-entendre l’injustice, la peine, la douleur, la culpabilité et les battements des cœurs. Il chuchote à son spectateur, à travers un rythme lent et un voile quasi nostalgique, qu’il faut se souvenir. Si les soldats ont des allures d’inconnus ou d’ombres dont le nom ne sera jamais prononcé, ces anonymes conservent cependant l’apparence familière et parfois douloureuse de nos pères et de nos frères. Dans les canots qui coulent et sous les bombardements des missiles, seul l’espoir refait surface.

Sur la jetée, 400.000 âmes attendent de rentrer chez elles, mais peut-on vraiment sortir indemne de Dunkerque ?