INTERVIEW LEA – LBCK Styliste

INTERVIEW LEA – LBCK Styliste

Créatrice de bijoux et sacs féminins, Léa CourcamBeCK, fondatrice de la marque française LBCK, nous dévoile son univers.

Dans un style ethnique-chic, elle fabrique entièrement à la main dans son atelier de création. Elle y confectionne des pièces uniques ou en séries limitées.

Léa est passionnée par son métier. Elle apporte un soin particulier à la réalisation de chaque pièce puisque le détail est important. Le choix des matières et des couleurs est primordial puisqu’elles font partie intégrante de l’identité de la marque. Certaines matières sont même teintées à l’atelier par la créatrice elle-même !

Comme Léa aime donner une seconde vie aux objets de tous les jours, elle utilise dans son atelier d’anciennes machines, de vieux objets et mannequins chinés un peu partout. La notion de recyclage est très présente au sein de la marque. Les bijoux LBCK sont, pour la plupart, réalisés à base de chutes de cuirs tout droit sorties des ateliers de confection des marques françaises de maroquinerie de luxe.

Aujourd’hui nous allons en apprendre un peu plus sur elle en 10 questions :

VotreTalent : Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Léa : Je m’appelle Léa, je suis créatrice de la marque LBCK basée à Nevers. Après une année de prépa mode, je me dirige vers un diplôme professionnel sur deux ans afin d’être styliste-modéliste en vêtements avec option lingerie et corseterie. Rien à voir donc avec le cuir…

Pendant les deux premières années, je ne me pose pas de réelles questions quant à la route que j’empreinte. Une grossesse et un bébé plus tard, je ressens le besoin d’évoluer dans mon travail et d’aller un peu plus loin. Je décide alors de me lancer dans l’aventure de la maroquinerie.

VT : Depuis combien de temps exerces-tu ce métier ? 

L : Cela fait une dizaine d’années que je pratique la couture et la création en général. Mais depuis toujours j’aime l’univers du dessin et de l’imaginaire…

VT : Est-ce ta seule activité professionnelle ?

L : On va dire que je fonctionne par cycles. Je suis assez polyvalente et j’aime me diversifier. Je travaille aussi de temps en temps en tant que photographe (mise en valeur de modèle pour la réalisation de leur book photo, prise de vue pour une agence de communication etc…) Mais j’aime me consacrer à 100% dans cette activité pendant les périodes de pure création, quand cela est possible bien sûr.

VT : Pourquoi le cuir ? Pourquoi as-tu choisi ce style ethnique-chic ?

L : J’aime travailler la matière en général. J’ai choisi le cuir pour sa noblesse et sa capacité à nous surprendre, à s’améliorer avec le temps. Dans un premier temps, le travail du bijou en cuir m’a semblé évident : les bijoux permettent une grande créativité et une relative rapidité d’exécution. Je dis bien relative car certaines pièces uniques demandent deux voire trois heures de travail…

Pour le style c’est une question à laquelle il est difficile de répondre : je n’ai pas la sensation d’avoir choisi cet univers, il est juste représentatif de ma personnalité je suppose.

VT : Combien de temps est ce que tu mets pour fabriquer ces produits ? Du petit porte-monnaie au sac seau, en passant par les bijoux ?

L : Tout dépend de la période. Lorsque je suis en période de création pure, je fabrique de façon à rentabiliser mon temps. C’est-à-dire que je consacre plusieurs journées à la fabrication exclusive du même modèle (détourné en différents coloris puisque la plupart de mes pièces sont uniques). Cette façon de fonctionner permet de regrouper les étapes et du coup de gagner du temps par rapport à la période des commandes lors de laquelle je réalise les pièces une par une !

Tout dépend donc du moment et de la pièce. Certaines pièces demandent plus d’une journée de travail, d’autres moins d’une heure.

VT : Est-ce que tu renouvelles souvent tes collections ? Si oui, tous les combien à peu près ?

L : Je propose deux collections par an. Les créations d’été sont mises en lignes fin février/début mars et celles d’hiver fin août/début septembre.

VT : Où est-ce que tu trouves l’inspiration ?

: Absolument partout. Dans la vie de tous les jours, dans la nature ou même en dessinant avec mon fils !

VT : Pourquoi est-ce que tu tiens tant à tout faire toi-même ?

L : J’aime l’idée de créations uniques et « imparfaites » car réalisées à la main. Et j’aime beaucoup partir d’une feuille blanche, transformer une idée en objet concret.

VT : Tu utilises de vieux objets dans ton atelier et des chutes de tissus. Pourquoi est-ce que tu insistes autant sur le recyclage ?

L : J’aime les objets anciens et leurs histoires. Quant aux choix d’utiliser des chutes de cuir, il s’est fait de façon naturelle. C’est une évidence pour moi et cela me permet d’utiliser à 99% toutes mes peaux ! J’aime l’idée de respecter la matière première.

VT : Qu’est-ce que tu considères comme la tâche la plus difficile de ton travail ?

L : La tâche la plus compliquée pour moi est sûrement le fait de me vendre. Je suis très passionnée par mon métier, chaque création fait partie de moi et j’ai quelques fois des difficultés à les mettre en avant.

VT : Pour finir, comment est-ce que tu envisages l’avenir de ta marque ?

Léa : J’ai beaucoup d’envies et de projets. L’un de mes projets concerne le fait de proposer une gamme de produits 100% vegan. Cela prend beaucoup de temps à mettre en place car les matières premières végétales étant « nouvelles », elles sont presque inaccessibles pour des structures de petite taille.

J’ai dans l’idée de proposer des créations graphiques, faire-part, invitations, visuels en tout genre (professionnels ou particuliers).

Comme je l’ai dit un peu plus haut, je suis déjà maman d’un petit garçon de trois ans et j’attends une petite fille qui devrait arriver d’un jour à l’autre, alors je vous donne rendez-vous en septembre avec quelques nouveautés…

– Propos recueillis par Ludmila Elie –