Linkin Park – One More Light : 
le débat de l’évolution artistique

Linkin Park – One More Light : 
le débat de l’évolution artistique

Plus de 20 ans de carrière, des tubes planétaires et des collaborations de rêve avec des artistes tels que Jay-Z, Steve Aoki, et même Paul McCartney. Cette année, des millions de fans à travers le monde ont attendu la sortie du 7ème album de Linkin Park. Avec « One More Light », le groupe s’attaque maintenant à… la pop ?!

Autant le dire, comme beaucoup de fans, j’étais un peu sceptique. Mais connaissant leur passion infinie des mélanges de genres, il était naturel que les six amis continuent d’aller toujours plus loin pour dénicher des sonorités inédites.

Les trois albums de remix « Reanimation », « Collision Course » et « A Light That Never Comes » avaient déjà prouvé cette volonté d’expérimenter des sonorités différentes. « Minutes to Midnight » avait déjà changé le ton en 2007 par ses textes engagés, « One More Light » pourrait marquer une nouvelle étape de l’évolution du groupe.

Les fans de la première heure seront certainement restés sur « Hybrid Theory », devenu un des symboles majeurs du rock alternatif. Les plus rageurs diront que le groupe a perdu son âme pour se lancer dans le « mainstream » et faire plus de ventes. Il faut avouer que les chants rageurs et emblématiques de Chester Bennington manquent un peu dans cet album. Les guitares ne sonnent plus comme avant, mais on retrouve néanmoins la pâte du groupe et leurs arrangements à la fois sombres et rythmés.

Je regrette un peu « l’absence » de mon favori, Mike Shinoda, qui semble délaisser le micro pour son clavier. Deux titres chantés (« Invisible » et « Sorry For Now ») et un couplet rappé dans « Good Goodbye »… on est loin des 9 titres interprétés dans l’album « Living Things » ! 

Mais revenons-en à l’album. Dans l’ensemble, les titres sont cohérents : des musicalités fraîches et dynamiques qui dépoussièrent leur image de rockeurs des années 2000. Les héros du new métal montrent là un réel tour de force en prouvant qu’ils savent évoluer avec leur public.

Les thèmes abordés ont aussi évolué. L’expression de la haine et la dénonciation des travers du monde ont fait place à des textes toujours emplis de tristesse mais plus légers et parfois plus positifs.

Leur premier single « Heavy » (sorti en février dernier), en collaboration avec la chanteuse pop Kiiara est un parfait exemple de l’esprit de l’album.

Mention spéciale pour « Battle Symphony », qui est ma plus belle découverte de cet album. Petite pépite pop aux textes certes sombres mais pleins de courage. Les rythmes sont entrainants et les refrains crescendo donnent envie de danser.

Pour conclure, Linkin Park explore de nouveaux horizons dans ce 7ème album. Qui aurait cru qu’ils se lanceraient dans la pop ? Les sonorités rock (très) atténuées et le changement radical de ton peuvent certes surprendre. L’album fait en effet débat au sein des fans inconditionnels, qui, soit adhèrent totalement, soit ne comprennent pas ce changement. « One More Light » n’est peut-être pas l’album du siècle, mais le risque pris en valait le coup et le final reste plutôt positif !

La musique de Linkin Park évolue et continuera très certainement à s’adapter aux tendances du moment même si cela peut surprendre. Rassurez-vous, on est encore loin de les voir interpréter des chansons d’amour dans des champs de pâquerettes !

– Gaëlle Bonneau –