Encore un jour se lève…

Encore un jour se lève...

Aujourd’hui ma chronique devait porter sur l’environnement, l’écologie et la beauté de notre planète. Aujourd’hui, j’étais supposée vous vanter les mérites de prolonger cette jolie vie sur la planète Terre, de prôner l’engagement associatif. Aujourd’hui j’aurai pu rendre hommage a Tryo, Sinsemilia et autres groupes de reggae que j’adore, prêcher la paix et l’amour, le respect des uns et des autres. J’aurai dû porter un message positif….

Ce matin en me réveillant et en voyant les gros titres je me suis dit qu’il fallait mieux ne rien dire. Ne pas paraître ironiquement heureuse de vivre dans un monde dans lequel les fous sont les rois. À l’heure à laquelle j’écris ces lignes le monde pleure encore et a peur. Et je les comprends. Nous nous disons souvent que d’arrêter de sortir c’est les faire gagner, que d’arrêter de sourire serait leur donner raison… Je n’ai pas le cœur ni à sourire ni à sortir aujourd’hui. Mais je le ferai. Ne serait-ce qu’à la mémoire de cette si belle ville qu’est Londres, capitale culturelle dans laquelle la tolérance passe par la musique, la peinture, les bars et les tatouages. Je rendrai donc ce petit hommage aux victimes d’hier soir en leur disant que malgré le deuil nous nous battrons à coup de gueule de bois et d’erreur de jeunesse. Nous ferons front en embrassant celle ou celui que l’on aime en public. Nous lutterons une bière à la main devant un concert, une clope entre les doigts sur les quais de Seine, un sourire sur les lèvres tant que demain le jour se lève.