Quand le maquillage devient de l’art

Quand le maquillage devient de l'art

Véritable phénomène sur les réseaux sociaux, le lip art consiste à utiliser sa bouche comme un tableau pour faire de jolies œuvres d’art. Comme le Nail Art, il y en a pour tous les goûts !

Aujourd’hui nous allons à la rencontre de Pinkessat, maquilleuse professionnelle. De l’abstrait aux dégradés de couleurs, elle s’amuse même à reproduire sur sa bouche des personnages de dessins animés… 

VotreTalent : Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Audrey : Je m’appelle Audrey, on peut me retrouver sur Instagram sous le pseudo @pinkessat. J’ai 29 ans et je suis maquilleuse professionnelle, basée à Barcelone.

VT : Quand t’es-tu intéressée au maquillage ?

A. : Sur le tard… J’ai d’abord suivi des cours de mode ! Un jour j’ai répondu à une annonce d’une étudiante en make up qui avait besoin d’un modèle, et ça a été la révélation. J’ai adoré ce monde ! Pourtant je connaissais déjà une maquilleuse de face painting mais ça ne m’avait jamais paru être un « vrai » métier jusque-là.

VT : Quand as-tu commencé le maquillage artistique ?

A. : Dès le début je me suis intéressée au maquillage pour son côté artistique. Je dessine beaucoup, ça va de pair d’ailleurs ! Pour préparer un maquillage édito ou un minimum artistique, on passe forcément par une face chart* dessinée.

VT : Que voulais tu faire avant de vouloir être maquilleuse ? Tu me parlais d’études de mode… ?

A. : J’ai fait plein de petits boulots mais je ne trouvais rien qui me plaisait vraiment. Et toujours pas mal d’illustrations de mode, je rêvais de pouvoir faire les illustrations dans Cosmo ou Elle… mais c’est encore plus difficile de percer dedans que dans le maquillage !

VT : Depuis quand vis-tu à Barcelone ? Tu préfères travailler là-bas ? Pourquoi ? 

A. : J’y suis depuis 2 ans, je préfère vivre là-bas, le cadre est plus calme qu’à Paris et ça fait du bien. Pour le travail, j’ai des propositions plus intéressantes aussi, sûrement car le savoir-faire français est reconnu partout !

VT : As-tu déjà travaillé sur des clips, shootings ou défilés ? Si non, aimerais-tu le faire ?

A. : Clips et shootings oui, c’est même ce que je fais le plus en ce moment. Défilés… Non. Ça ne me fait pas trop envie, ça a l’air très speed ! Tu ne choisis pas ce que tu fais car toutes les maquilleuses doivent faire le même maquillage décidé par le maquilleur en chef… Et vu les reportages ça a l’air beaucoup trop stressant ! Alors moi qui gère mal le stress, c’est non, même si c’est très prisé.

VT : Pourquoi est-ce que tu nous montres principalement du lip art ?

A. : Parce que c’est assez simple et rapide je trouve. Plutôt que de faire un visage complet et d’être obligée de tout démaquiller je me concentre uniquement sur les lèvres ! On peut aussi se permettre plus de choses, de fantaisies, et c’est assez amusant !

VT : La question qui tue maintenant : où est-ce que tu puises toute cette inspiration ? Je reconnais des films, des tableaux… Mais quand c’est plus abstrait ?

A. : Oui c’est la question qui tue ! Surtout en ce moment où j’ai l’impression de me répéter dans mes make up… Je dirais que l’inspiration première vient des autres et des tendances, même si je n’ai pas l’impression de les suivre, ça influence forcément ! Sinon de n’importe quoi, parfois j’ai des idées en faisant les magasins (imprimés sur les vêtements), le nail art m’inspire aussi, ils sont souvent en avance sur les tendances et j’aime beaucoup !

 VT : J’ai lu sur ton instagram que tu utilises du maquillage cruelty free. Tu le fais à chaque fois (clientes, toi, shootings etc) ? Pourquoi ?

A. : Oui, car je n’ai plus que ça maintenant. La question c’est plutôt pourquoi ne pas le faire ? Je ne vois pas vraiment de raisons d’acheter du maquillage testé sur les animaux. Ça s’est beaucoup démocratisé (il y a aussi un tas de produits vegan maintenant), il n’y a plus d’excuses comme « c’est difficile à trouver »…. Même des marques professionnelles s’y sont mises, donc pourquoi continuer à cautionner la cruauté ? Et puis ça va avec mon mode de vie puisque je suis végétarienne. On essaye de consommer moins mais bien ! J’ai l’impression d’être une sainte en écrivant ça ahah !

VT : Et pour finir, est ce que tu aurais des conseils pour réussir dans le monde du make up ? (Même si on sait qu’il n’y a pas de miracles et qu’il faut déjà du talent)

A. : C’est un peu classique mais travailler beaucoup, en s’exerçant sur soi-même ou sur les autres, chercher les infos, lire (il y a beaucoup de livres sur le make up sur Amazon, de seconde main etc pas très chers), s’abonner à tout ce qui touche à ce métier et puis se spécialiser : faire du FX (effets spéciaux) ce n’est pas comme faire des mariages… Je conseillerai aussi d’avoir un peu d’argent de côté car on ne démarre jamais à la sortie de l’école, il faut prendre son temps et rester passionné !

*face chart : visage en 2D permettant de prévoir le maquillage et les produits utilisés.

Et en plus de travailler très bien toute seule, voici un visuel de la jolie collaboration avec Natacha Birds !

Pinkessat est donc une artiste multiple qui a choisi de mettre son talent au service du maquillage. Une artiste à suivre de près si vous voulez mon avis !

-Propos recueillis par Ludmila Elie-