« Dear White People » : La satire contre le racisme a enfin un nom

« Dear White People » : La satire contre le racisme a enfin un nom

« Dear White People » : avez-vous la moindre idée de ce que signifie le mot racisme aujourd’hui ? Savez-vous ce que c’est d’être un étudiant noir américain aux USA ? Mesdames et Messieurs, Samantha White est sur les ondes, et elle vous dit tout !

Inspirée du film du même nom, la série « Dear white people » (traduisez en français par « Chers amis blancs ») est le nom de l’émission radio animée par Samantha White (Logan Browning), étudiante et militante métisse, qui tente de sensibiliser ses camarades au racisme ambiant grâce à une chronique au ton incisif et qui renverse les clichés. Les répliques sont cinglantes, souvent ironiques, et pleines d’humour. Elles ponctuent les épisodes et viennent s’associer à une fête qui tourne mal et à la mise en avant de sujets sensibles tels que la violence policière. Ce mélange polémique et satirique va rapidement et inévitablement déclencher un véritable tsunami au cœur du campus de Winchester, mettant les étudiants face à une réflexion sur leur rapport à la différence.

Une première saison comprenant dix chapitres de trente minutes chacun, et qui se binge-watch sur Netflix avec une facilité qui serait presque déconcertante si le scénario n’était pas aussi bien ficelé et le climax aussi bien amené. Au travers de ces dix épisodes, le réalisateur prend le temps de creuser ses personnages et de s’éloigner des stéréotypes habituels pour créer un espace de diversité où on voit se côtoyer aussi bien Lionel (DeRon Horton), un étudiant journaliste introverti qui se questionne sur sa sexualité, que Reggie (Marque Richardson), le rebelle révolutionnaire, ou encore Gabe (John Patrick Amedori), en hipster maladroit mais attachant.

Justin Simien réalise le tour de force de dénoncer au petit écran les injustices, les préjugés, et les incompréhensions mutuelles qui régissent la société américaine actuelle en mettant en scène le point de vue noir américain, jusqu’ici majoritairement mis de côté à la télévision. Il raconte le vécu d’une lutte quotidienne faite de débats et de violences, pose les questions qu’on ne se pose pas ; le tout en illustrant son propos par une fresque complexe et nuancée de personnages réunis, parfois malgré eux, dans un même combat : celui de faire reconnaître leurs droits.

« Dear White People« , et si on allait regarder une série qui ne parle pas (que) de nous ?