Quand la télé passe à la casserole…

Quand la télé passe à la casserole...

… ou la casserole à la télé ?

Depuis quelques années, les émissions de cuisine s’imposent sur le petit écran. Compétitions d’amateurs, de professionnels ou de sous-doués, tout y passe ! Quels sont les ingrédients de ce succès ?

La finale de Top Chef approche à grands pas, Norbert va débarquer dans son talk-show du midi dès lundi, Le Meilleurs Pâtissier Professionnel débutera bientôt… Les émissions culinaires s’enchainent et continuent de rassembler bon nombre d’auditeurs – moi la première. Le leader dans ce domaine est évidemment le groupe M6, avec Cauchemar en Cuisine et Un Dîner Presque Parfait sur W9, Norbert Commis d’Office sur 6TER, et les grosses locomotives comme Top Chef et Le Meilleur Pâtissier sur M6. Les autres chaînes tentent ou ont tenté de proposer leurs émissions, mais le succès est plus mitigé.

En toute honnêteté, je ne regarde quasiment plus la télé – surtout depuis que mon cher et tendre et moi avons le bouton Netflix sur la télécommande, qui nous permet de dévorer des séries à volonté. Et force est de constater que mes rares rendez-vous sont Top Chef et Le Meilleur Pâtissier en prime, et les autres émissions de cuisine en replay. Mais pourquoi cette envie, voire ce « besoin » d’allumer ma télé et de baver devant des plats de ouf alors que je mange une soupe – maison certes, mais bon – et une compote ?

Clairement, les producteurs sont forts. Il y a les participants, qui deviennent de vrais personnages emblématiques, ceux qu’on aime et ceux qu’on déteste. Les mecs comme Maximilien Dienst, les rouquines flamboyantes qui pâtissent trop bien, et les chefs un peu beaucoup décalés comme Norbert Tarayre… il faut le dire : sans eux, les émissions auraient beaucoup moins de saveur. Ajoutez à cela un montage qui dynamise et créé du suspens – et cette saleté de publicité qui fait rager tout le monde à 23h20 avant d’annoncer le nom du candidat éliminé dans Top Chef – et vous obtiendrez des émissions relativement bien ficelées.

N’oublions pas que la France est le pays de la gastronomie ! Je suis bien placée pour le dire, moi qui suis en pleine formation culinaire avec mon CAP Cuisine. Dans l’ensemble, les français s’intéressent beaucoup à l’univers de la restauration, qui les fascine pas mal. Il y a un certain mystère autour de ce monde à part, parfois proche de l’armée – chefs, brigades, rigueur… Cela explique peut-être le succès de ces émissions : certaines nous font rêver, d’autres un peu flipper. Mais dans tous les cas, elles nous permettent de découvrir une partie de l’envers du décor, des astuces, des traditions – comme la cuisson dans la vessie de porc.

Certains chefs sont devenus de vraies célébrités, ce qui n’est pas au goût de tout le monde – a-t-on vraiment besoin de tout savoir sur Pierre Hermé ou Yannick Alleno ? Malgré tout, je trouve que ces émissions ont un avantage : elles permettent de sortir de l’ombre de véritables artistes, et de valoriser le monde de la cuisine. Le métier de chef était assez peu connu et mis en lumière, alors que nous vivons dans un pays où la cuisine est considérée comme un art à part entière ! Alors même si la couleur préférée d’Hélène Darroze ou la dernière compagne de Cyril Lignac m’importent peu, je suis contente que grâce ces émissions permettent à des hommes et des femmes ultra-talentueux de représenter leur métier sur le petit écran.

Dans le monde cruel de la course à l’audience, il est important de toujours savoir se renouveler. Cette année, Top Chef a voulu tester une nouvelle formule. Ayant suivi avec assiduité tous les épisodes, je dois avouer que je suis mitigée. Il y a eu de très bonnes idées, comme les brigades, qui ont stimulé la compétition et donné envie de soutenir telle ou telle team. Mais le côté « télé-réalité » m’a légèrement déçue : trop de blabla, pas assez de cuisine. Peut-être que cela a plu à certains téléspectateurs, ce que je ne critique absolument pas. Sauf que de mon côté, je préfère les voir cuisiner, innover, donne des conseils ou des petits trucs qui font la différence, plutôt que de les voir commenter tout et n’importe quoi.

Force est de constater que le succès perdure, puisque les chaînes continuent de proposer de nouveaux programmes et de reconduire certaines émissions, présentes depuis des années, comme Un Dîner Presque Parfait. Que vous désiriez découvrir des professionnels, des amateurs qui tabassent ou juste vous moquer un peu de certains candidats, vous trouverez forcément votre bonheur. Dans tous les cas, les émissions de cuisine ont encore un bel avenir devant elle, j’en suis sûre ! Espérons que les producteurs vont continuer de trouver de chouettes idées pour maintenir l’intérêt… Parce que moi, je répondrai présente ! Et vous ?