Interview : Quand la jeune Luciole s’envole…

Il y a quelques semaines, nous avons eu la chance de correspondre avec Luciole, une jeune chanteuse et compositrice. Après un premier album en 2009, Ombres, et un EP, Et en attendant, en 2012, la jeune femme est de retour à la fin du mois avec un second album : Une.

VotreTalent : Bonjour Luciole ! Qui es-tu ? Dis-nous peu pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas.

Luciole : Je suis une auteur-compositeur-­interprète de 28 ans, d’origine bretonne mais ayant élu domicile dans la Ville Lumière depuis quelques années maintenant ! J’aime écrire pour être entendue, griffonner quelques mots puis les chanter, les dire, les offrir…

 VT : Là, tu en es à ton deuxième album : nous l’aimons beaucoup à la rédaction. Est-ce que tu peux nous le raconter ? Nous parler de sa thématique ? On a remarqué qu’il était plus « musical » que le premier avec plus d’instruments, de chœurs. Il y a même des guests et de l’anglais. Explique- nous cette évolution.

L : Après l’aventure de mon 1er album, j’ai eu envie de m’assumer davantage en tant que chanteuse, développer l’instrument­voix, d’où certainement le fait que l’EP, puis le nouvel album « Une » aient un côté plus « musical ». J’ai écouté beaucoup de musiques différentes et un grand soin a été apporté aux arrangements, ça a été un travail minutieux, précis… Avec toujours comme moteur de se faire plaisir, de se créer une musique bien à soi. Les thèmes ont eux aussi évolué. Je me suis beaucoup appuyée sur ce qui m’entourait, ce qu’il y avait autour de moi quand j’écrivais : les gens, le décor, le temps qu’il faisait, ce sont des sources d’inspiration sans fin…! Et puis, je crois que les chansons d’un disque reflètent souvent l’état dans lequel on se trouve, les questions que l’on se pose. Cet album parle de grandir, de se chercher, de se sentir toujours en construction, en chantier et c’est certainement parce que j’ai été dans ce processus de quête de moi­même, de changements pas à pas au cours de ces 2 dernières années que cette grande thématique se dégage de ce nouveau projet.

VT : Ne serait-ce pas lié au fait que tu prennes conscience de ton corps, de ta voix, que tu es plus femme peut-être ?

L : Il y a certainement de cela, oui ! Les années passent et forcément on change, on évolue, on travaille aussi… on progresse. Dans mon cas, il y a vraiment cette envie de m’assumer plus et effectivement de laisser un peu derrière moi une image de femme­enfant pour être femme tout court !

 VT : Et pour tes nouveaux compagnons de route, tu les as trouvés où ? Comment s’est passée votre collaboration ?

L : Sur cet album, j’ai essentiellement travaillé avec le duo de réalisateurs BAAB : Benoît Guivarch m’a accompagné sur scène à la guitare pendant 5 ans, et Antoine Kerninon est à la batterie avec moi depuis 2012. Pour la majorité des titres, on a procédé comme suit : j’écrivais textes et mélodies et une fois terminés, je leur envoyais un enregistrement brut, a capella, avec éventuellement quelques notes d’intention. À ces bases simples, ils sont venus ajouter de la musique, des instruments, ont cousu des arrangements… Un vrai travail d’orfèvre !

 VT : Tout comme dans « Ombres » et ton EP, tu t’amuses beaucoup avec la langue. Les mots, amis ou ennemis ?

L : Amis, c’est sûr ! Ils sont ma matière première, le noyau dur de tous mes projets et leur point de départ. Je commence toujours par l’écriture…

VT : Pour avoir vu quelques lives, tu bouges beaucoup, tu danses, tu sautes ! Tu vois le corps comme un instrument à part entière? La rédaction a eu l’occasion de te découvrir en concert, en première partie de Grand corps malade en 2009 où la scénographie était limitée à son plus simple appareil puisque vous n’étiez que deux sur scène : toi et ton guitariste.

L : C’est sûr qu’en fonction des scènes, des cisconstances, le corps n’a pas l’occasion de s’exprimer de la même façon. En 1ère partie, on est souvent réduit à la version la plus simple de notre formule scénique… Je ne sais pas si, dans mon cas, le corps est un instrument dans le sens qu’il peut produire des sons, mais c’est certain qu’il est une façon de plus, pour moi, de communiquer. J’aime particulièrement chanter en ayant les mains libres, afin de pouvoir les laisser bouger, s’exprimer, raconter…

VT : Récemment on a pu voir ton teaser pour ton nouveau live et on a pu constater que la scénographie était beaucoup plus riche et plus dense. Pourquoi cette évolution ?

L : J’ai toujours eu envie de développer la lumière dans mes spectacles. Quand on a pour nom de scène Luciole, c’est presque une évidence et j’attendais que l’occasion s’offre à moi. En décembre, nous avons été en résidence pendant 2 semaines aux Théâtre de Bligny et d’Ivry pour monter le nouveau spectacle et avons pu travailler sur une scénographie, un décor, une création autour de la lumière. J’avais vraiment envie de créer un espace sur la scène qui serait le mien… un endroit où je me sente chez moi.

VT : Tout ça, c’est une drôle d’aventure, en sachant que cet album et ton EP ont été financés de façon participative. Comment ça s’est passé ? Est-ce une volonté ou une contrainte économique ?

: C’est un peu un mélange des deux à vrai dire, et surtout une volonté d’être dans l’action, de ne pas attendre, d’avancer toujours. Je me suis lancée dans l’aventure de l’auto­production d’abord avec l’EP et j’avais financé un clip via la platefrome Kisskissbankbank. Très rapidement, j’ai eu envie de poursuivre avec un 2ème album et la collecte participative, menée cette fois­ci via MyMajorCompany, a été un vrai souffle dans mon dos, un réel encouragement. Elle a permis de couvrir environ 1/3 des dépenses de l’album. Construire ce genre de projet soi­même, être son propre capitaine, je crois que ça ne fait que rendre chaque petite victoire plus belle, chaque petit pas, encore plus important.

VT : « Les petits drames », tu en parles dans « Demain, je serai femme » mais aussi sur ton blog. Ils représentent quoi à tes yeux ?

L : C’est une sorte de collection et surtout un moyen de rester à l’affut, attentive au monde extérieur, à ce qu’il y a autour. Une façon de garder les yeux grands ouverts… Les petits drames ne sont pas si graves au fond mais j’ai toujours une pensée pour celui qui aura vu sa boule de glace s’écraser, son ballon s’envoler ou son gant égarer.

VT : En tout cas, nous te remercions du fond du cœur de nous avoir accordé cette interview ! Un mot de la fin ?

L : Soyez entiers : un/une malgré les doutes et les chantiers… Et rendez-vous le 30 mars pour l’arrivée de mon bateau de papier à quai !

Vous pouvez suivre et écouter Luciole sur son site web !

– Propos recueillis par Mathilde Gourdon – 

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