Interview exclusive – Florent Mothe

Interview exclusive - Florent Mothe

La rédaction est fière et heureuse d’avoir pu interviewer Florent Mothe pour vous cher lecteur. À l’occasion de la sortie de son deuxième album, « Danser sous la pluie« , il nous a accordé quelques minutes de son temps et on lui a posé quelques questions sur cet album…

VT : Bonjour Florent… Tu as commencé la musique assez jeune, vers 7 ans. Comment t’est venue cette envie ?

FM : J’ai commencé enfant la musique, j’ai toujours adoré ça. Je ne sais pas pourquoi, je ne l’explique pas, mais depuis que je suis gamin, j’aime les instruments de musique. Petit, j’avais vu un saxophone et je trouvais ça incroyable. Mon grand frère jouait de la guitare et ça me faisait rêver. Et puis, je regardais Retour vers le futur, tu sais où Marty joue Johnny B. Good, ça me rendait dingue ! J’allais aussi à l’école de musique, j’y ai appris le piano. Puis plus tard, j’ai fait des groupes à 14/15 ans avec des copains que j’ai rencontré au collège, ils étaient à l’école de musique avec moi. Et depuis, je ne me suis jamais arrêté en fait.

VT : Quelles étaient tes influences ? Tu cites souvent Bohemian Rapsody de Queen…

FM : Quand j’étais jeune c’était plutôt le rock, j’écoutais Metallica, Guns N’ Roses. J’ai eu ma période où j’écoutais pas mal de métal carrément. Mais j’ai toujours aimé plein de styles différents. Donc, même à l’époque où j’écoutais du rock, je découvrais, en parallèle, la musique classique, comme Mozart et je trouvais ça splendide ! C’était aussi un peu le début du rap et du hip-hop pour moi. J’écoutais NTM quand j’étais jeune, même des trucs américains. Y’a eu Queen bien évidemment puis quand Amy Winehouse est sortie, j’habitais à Toronto au Canada et y’a eu une période où ça m’a beaucoup plu et influencé.

VT : Pour rebondir la dessus… dans les deux albums, je ressens beaucoup de styles différents, de la pop, de l’électro, du rock. Tu n’as pas envie de t’enfermer dans un style ? 

FM : En musique, j’aime beaucoup les nuances, j’aime les chansons douces puis les chansons très énervées. J’aime l’électro et j’aime le rock. J’aime le hip-hop, j’aime la pop. Mais après c’est aussi parce qu’en tant qu’artiste, je cherche encore un style. J’essaie d’acérer ma plume en écriture, dans les textes et puis dans la musique aussi. C’est quelque chose qui se fait avec le temps. J’ai la chance d’avoir participé à des projets bien différents les uns des autres. J’ai fait des comédies musicales, j’ai fait des albums, j’écris un peu pour d’autres artistes. Malgré tout, j’ai quand même un style qui reste de la pop, c’est en français et j’ai des instruments très dominants comme la guitare et le piano.

VT : Et justement, pour cet album, tu as collaboré avec un rappeur, LIM… Tu peux nous en dire plus ?

FM : LIM c’est un rappeur en effet. On a écrit les textes et les chansons ensemble. J’avais envie de faire un truc un peu plus moderne. Mon premier album était assez rock, rock/variétés et j’avais envie d’un peu plus évoluer. Ça correspondait à l’époque aussi où j’ai fait les chansons. C’est possible que je revienne à des trucs un peu plus organiques par la suite. Je ne m’interdis rien en fait.

VT : De Mozart l’Opéra Rock à ton premier album “ Rock in Chair “, on ressent un côté sombre et extraverti à la fois. Sur ce deuxième album “ Danser sous la pluie “, c’est plus positif et profond. Tu dis même dans une de tes chanson “ Mes démons se réveillent et se mettent à danser ”. Est-ce une prise de recul, une évolution ?

FM : C’est une évolution même si c’est ma personnalité, je suis un peu comme ça avec ce double masque. Je ne suis pas changeant ni quelqu’un qui triche, qui se cache ou qui fait semblant. Mais j’ai un côté sombre que j’ai exploité dans le premier album parce que ça correspondait à une période de ma vie comme ça un peu plus sombre. Et sur ce nouvel album, j’avais envie de faire quelque chose de plus festif, de plus positif en effet. Je voulais aborder des thèmes un peu plus personnels et essayer de faire en sorte que ça me ressemble mais que ça corresponde à la période.

VT : Personnellement, j’aime beaucoup “ Qu’est-ce qu’un homme ” et “ Danser sous la pluie ”. Est-ce que tu as une chanson coup de coeur toi aussi sur cet album ou c’est difficile d’en choisir ?

FM : Les deux que tu viens de citer font partie de mes préférées. “ Qu’est-ce qu’un homme ” j’aime beaucoup l’esthétique de la chanson, c’est vraiment le style de voix que j’aime présenter. Le refrain est tout en puissance et les couplets et pré-refrains sont plus dans la douceur donc j’aime bien ce contraste. Et puis le thème me parle, est-ce qu’un homme reste fort même s’il montre ses fragilités, ses faiblesses. Et comme je te disais, j’ai un côté un peu sombre et un côté plus positif, de la même façon, je suis un garçon très sensible mais en même temps très puissant. J’ai beaucoup d’énergie, je suis beaucoup dans la force et je n’ai pas peur de montrer mes faiblesses. Pour “Danser sous la pluie”, cette chanson est assez autobiographique, toutes mes chansons le sont, mais là c’est l’histoire d’une rencontre. C’est une chanson d’amour et elle a donné le titre à l’album, c’est aussi pour ça qu’elle me tient à coeur.

VT : Comment tu fais le choix des chansons à intégrer sur l’album ?

FM : Y’a plein de chansons qu’on commence, qui peuvent avoir un super début mais qui n’arrivent pas à terme, donc le choix se fait un peu naturellement. Puis, il y a d’autres chansons où on se dit soit on aurait pu mieux les réussir et d’autres qu’on aurait pu mettre sur l’album. Soit on la sort plus tard, en bonus ou bien en concert par exemple.

VT : Est-ce que tu arrives à te dire stop au bout d’un moment pour finir une chanson ?

FM : Non c’est hyper difficile de mettre un stop à ça. Et la chanson “ Stop ” dans l’album je le dis : “ faut que je mette un stop à toutes mes folies ”. Moi j’ai ce problème-là. J’imagine que plein d’artistes l’ont mais j’ai ce problème où je peux réfléchir des mois sur une chanson et me dire comment est-ce que je peux l’améliorer et des fois c’est un peu difficile de s’arrêter. C’est pour ça que c’est bien d’avoir des deadlines. On sait qu’il va falloir sortir l’album à ce moment là. De plus, je travaille bien dans l’urgence, quand justement je n’ai pas le temps, ça m’évite de me poser trop de questions et ça me permet d’avancer ; des fois on s’en pose trop.

VT : As-tu une anecdote sur cet album, sur la composition, l’enregistrement etc ?

FM : La deadline justement dont je te parlais sur cet album c’était Danse avec les stars. Quand on m’a contacté, ça faisait un an, un an et demi que je travaillais sur l’album, pendant le Roi Arthur. Des fois, je mettais un peu de côté, je travaillais sur d’autres chansons, pour d’autres artistes, des fois je me consacrais à la Légende du Roi Arthur donc je mettais mes chansons de côté. Finalement, y’avait pleins de chansons qui étaient prêtes et 3 jours avant que je commence Danse avec les stars, je savais qu’il fallait que je rende l’album assez vite, parce qu’il allait sortir juste après. Sur la dernière semaine, j’ai fini quelque chansons. Donc voilà, l’exemple de la deadline, on m’a dit “ok faut que tu rendes l’album la semaine prochaine” et y’avait deux autres chansons que je voulais absolument mettre dans l’album qui était “Te ressembler” qui parle de mon père et “J’attends encore” qui est le single en ce moment. J’ai eu une semaine pour finir tout l’album. Je me souviens que j’étais chez moi la veille d’aller en mix et en mastering pour presser l’album en train, encore, d’enregistrer des voix pour cet album.

VT : Qu’est-ce que l’expérience de Danse avec les stars t’a apporté (musicalement, personnellement…) ?

FM : J’ai adoré le challenge sportif et artistique que ça représentait. On fait 8h de danse par jour, physiquement c’est très difficile. Du coup, on est toujours en train de repousser ses limites. Ça m’a fait beaucoup de bien, même mentalement ça m’a fait du bien de me lancer comme ça, à corps perdu, dans cette aventure. Ça m’a apaisé, j’étais plus serein. Tu sais un peu plus ce que tu veux, tu t’affirmes un peu plus dans qui tu es.

VT : Tu es allé relativement loin dans l’aventure et tu as pris de plus en plus confiance en toi au fil des semaines…

FM : Oui bien sûr, j’ai pu repousser mes limites, toujours plus loin. Ça m’a pas mal aidé sur la gestion du trac. Je suis quelqu’un qui a beaucoup le trac et je me pose beaucoup de questions. Parfois en chant, ça a pu me poser des mauvaises surprises de monter sur scène en ayant la voix très fatiguée, cassée parce que, psychologiquement, j’avais le trac, j’avais peur. Ça commençait, entre guillemets, à devenir un problème parce que j’avais peur de monter sur scène, de plus en plus. Alors que paradoxalement, j’ai beaucoup d’expériences mais ça ne s’explique pas. Le trac c’est une bonne chose mais il faut savoir le gérer. Danse avec les stars m’a aidé à gérer ça. Comme on avait une émission d’une semaine sur l’autre, j’avais beaucoup le trac en plus parce que la danse n’était pas ma discipline, j’ai pu apprendre justement à aller sur scène en étant beaucoup plus décontracté. D’une semaine sur l’autre, tu vois tes défauts, tu peux te corriger. Et quand je me suis remis à chanter, notamment lors de mon concert à l’Européen, je suis monté sur scène en me disant “Écoute, la voix c’est ton instrument, tu le maitrises très bien, t’as pas à avoir peur, tu n’as pas avoir le trac, monte sur scène et amuses toi” et franchement ça marche bien

VT : Tu as écrit pour Céline Dion il y a peu… Tu as était approché par d’autres artistes ? Avec qui voudrais-tu collaborer ?

FM : J’ai travaillé avec Lilian Renaud sur son album, lui aussi est auteur-compositeur. On a travaillé ensemble sur 2 chansons du nouvel album. C’est quelqu’un de très talentueux, j’ai adoré cette expérience. Puis, j’aimerais bien continuer d’écrire pour d’autres personnes évidemment, j’adore les artistes français d’aujourd’hui, ils sont super créatifs. Toute la nouvelle génération, j’aime beaucoup Julien Doré, Amir, Louane, Kendji. J’aime beaucoup la pop urbaine comme on dit. Black M, Maitre Gims, j’aime beaucoup tout ça.

VT : C’est un challenge d’écrire pour quelqu’un d’autre, comment ça se passe ?

FMDes fois, il faut juste confronter ses idées. Quelqu’un qui vient d’un autre milieu, va t’amener une autre façon de composer ou d’écrire et d’envisager les chansons. C’est vachement bien parce que ça permet de s’enrichir.

VT : Une dernière question… Quel lien entretiens-tu avec tes fans sur les réseaux sociaux ?

FM : Quand je suis en studio, quand j’ai des trucs dont je suis sûr que je vais garder, c’est vrai que de temps en temps je fais des snaps ou des petites vidéos pour faire écouter. Après, c’est bien aussi parfois de garder la surprise. J’ai des fans qui me suivent depuis les débuts, depuis Mozart l’Opéra Rock, ça grossit de plus en plus et j’essaie d’entretenir la relation parce que c’est grâce à eux qu’on est là et c’est à eux qu’on s’adresse en premier. Les réseaux sociaux, le web ça m’aide vachement à entretenir ce lien en effet.

Interview téléphonique – Propos recueillis le 23 février 2017.