Cinquante nuances de Grey au cinéma : Mieux vaut-il en pleurer ou en rire?

Cinquante nuances de Grey est désormais sur toutes les lèvres. Deux jours après la sortie de l’adaptation, nous avons décidé de conclure ces trois jours spéciaux par notre chronique cinématographique. Alors, envoûtant ou dérangeant ? Nous vous répondons dès maintenant.

Source : allocine.fr

Pour les retardataires ou les personnes recluses du monde depuis plusieurs semaines, rappelons que Cinquante nuances de Grey met en scène la jeune étudiante en lettres Anastasia Steele et le très célèbre Christian Grey, mystérieux PDG de Grey Compagny. Si la première est maladroite et le second autoritaire, ces deux personnes vont peu à peu tomber sous le charme de l’autre au fil de leurs rencontres et de leurs discussions. Jusqu’au jour où l’homme d’affaires propose un bien étrange contrat à la jeune femme, qui découvre alors la partie sadique de son cher et tendre…

Bien que l’adaptation était une des plus attendues de l’année, elle risque de rapidement faire le bide. Ridicule, pompeux, révoltant, irrespectueux, il ne manque pas d’adjectifs péjoratifs pour définir ce film. Dirigé par la réalisatrice Sam Taylor-Johnson (Nowhere Boy), Cinquante nuances de Grey propose un couple inattendu : Jamie Dornan en irrésistible Christian Grey et Dakota Johnson en Anastasia effarouchée. Si le choix a laissé perplexes bien des personnes, cela se confirme au bout des premières scènes : aucune alchimie entre les deux acteurs et plutôt mauvais jeu pour les deux. Si les voix françaises n’aident certainement pas à enlever toute ridiculité au personnage d’Ana, le plastique du chasseur dans Once upon a time ne sauve rien non plus.

Mais attardons nous un peu plus sur l’histoire, celle d’un dominant essayant d’initier une vierge à ses pratiques sexuelles. Si dans le livre, cela ne frappe pas toujours, les scènes du film ne laissent plus aucun doute : il n’y a aucun consentement dans tous leurs actes, une base pourtant fondamentale aux pratiques sado-masochistes. Les différents viols que contient l’intrigue sautent aux yeux et cela devient très vite gênant. À cela s’ajoute également le fait que la femme est bien plus souvent denudée, et donc vulnérable, que l’homme, dominant ou non. Par ailleurs, cette différence dérangeante se retrouve également au coeur même de leur quotidien : il est impossible pour le jeune homme de faire des compromis et de céder aux demandes, pourtant légitimes, d’Ana, qui, malheureusement, ne résiste pas longtemps à toutes les volontés du jeune homme… Pour les lecteurs de l’oeuvre originale, il risque d’y avoir déception : de nombreux aspects sont survolés, voire pas du tout évoqués. Ainsi passent à la trappe les relations entre Christian et sa famille, entre Ana et les domestiques de son amoureux, les doutes de la jeune femme etc. Le temps paraît long alors que l’histoire est pourtant dense.

Malgré toutes ces critiques, il y a quelques points positifs dans cette adaptation. Tout d’abord, l’esthétisme frappant de toutes les images proposées par la réalisatrice. Le contraste entre l’univers sombre de la chambre rouge à l’ambiance pluvieuse et claire de la vie quotidienne est saisissante. Une vision particulière qui met en avant également la blancheur et la maigreur du corps de Dakota Johnson, une manière de nous faire un peu plus réagir? Qui sait. Autre petit rayon de soleil, déjà repéré au fil des bande-annonces : la bande originale. Entre Ellie Goulding, le remix de Beyoncé et le groupe The Weeknd, elle permet d’apporter un peu de relief à cette adaptation plate, mais surtout de la sensualité lors des scènes sexuelles. Insuffisant cependant pour relever le niveau cinématographique du film.

Même pour les plus curieux, vous l’aurez compris, nous vous conseillons de garder votre argent et d’aller voir un autre film à l’affiche plutôt que Cinquante nuances de Grey. Pour ceux qui l’ont déjà vu, nous serons ravis de connaître votre avis, alors partagez-le avec nous !

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