La France essaie de trouver sa voix…


Le paysage télévisuel de ces derniers mois ayant été trop lourd à supporter, un petit congé c’est imposé. De retour avec une plume plus acérée que précédemment, je décide de faire la paix avec ma télécommande et appuie sur « on » en ce samedi soir, heure de prime time sur TF1. Après le quart d’heure de réclame quotidienne, le programme tant attendu démarre avec son jingle désormais célèbre « This is the Voice »… Encore une émission importée d’outre Atlantique pour le plus grand plaisir des publicitaires et des ménagères, me dis-je. Le présentateur légendaire des émissions de chanteurs novices de TF1 apparait à l’écran. Vous savez tous à qui je fais allusion : l’immortel Nikos Aliagas. Vous connaissez le principe : 4 juges piochés dans la variété française, décrit comme les plus grands chanteurs du pays. Vous me direz, il faut bien ça pour trouver « la plus belle voix ». Jennifer, jeune maman sortie de la Star Academy et idole des fillettes de l’an 2000, Florent Pagny, la cinquantaine bien tassée, connu pour son jingle « là où je t’emmènerai » sur TF1, Mika, jeune artiste de nationalité indéterminée mais énergique et suffisamment connu de nos jeunes publics et, petite nouvelle, Zazie, inconnue au bataillon pour la tranche 12/30 ans, tous perchés sur leur fauteuil, tendent l’oreille à la recherche de la voix qui les fera vibrer. S’ensuit l’éternel combat de juge lorsque l’artiste a été choisi, une rixe de palabres et d’espoir et de promesses. Je n’enlèverai pas sa qualité de réalisation à cette émission, ainsi que son dynamisme et surtout sa volonté de prouver au monde qu’un physique ne fait pas de quelqu’un une star ou un paria. Une touche d’humour suffisante, des découvertes surprenantes et un suspens qui tient l’audience en haleine, The Voice réussi son pari : je n’en suis juste pas la cible.

Quelques jours plus tard, ce fut un sombre mercredi, même heure, prime time sur D8. Ayant de justesse évitée Touche pas à mon Poste, je tombe sur la chaine et pense d’abord m’être trompée. Que fait Benjamin Castaldi, figure de la fabrique à fausse blonde à forte poitrine, Secret Story, sur Hanouna TV? Le jingle se lance et, stupeur, malheur, enfer et damnation, la Nouvelle Star débute. J’en ai déjà eu ma dose de programme de chanteurs en herbe avec The Voice, laissez-moi un bon film ou une émission politique je vous en prie ! J’aime la nature, mais ce à quoi j’ai assisté ce mercredi soir mérite une bonne cession de jardinage et surtout de désherbage. Un jury de 4 inconnus de la musique, ou d’en tout cas moi et une bonne dizaine de millions de français n’avons pas un morceau de l’un d’eux dans nos IPods… Des chanteurs du dimanche (et encore sûrement de jours férié ou du 29 février vu le niveau de certains) défilent les uns après les autres pour convaincre André Manoukian, Sinclair,… (Je vous avoue ne pas avoir retenu le nom des 2 autres) de les choisir pour devenir LA nouvelle star de la chanson française. Pour moi cette émission est mauvaise sur tous les plans. Une production de moins en moins convaincante, peu de dynamisme, et surtout un grand manque de respect de la part du jury face aux candidats. Humilier les mauvais pour valoriser les sélectionné qui ne sont pas si bons que ça me semble immoral. « Les casseroles » font rire mais ne devraient pas être diffusées. Un rêve tel que celui de la musique est profondément ancré en certaines personnes et se voir refuser l’accès à celui-ci est déjà suffisamment dur à mes yeux.

En bref, la France étant tellement désespérée de ses résultats à l’Eurovision multiplie les émissions de découvertes de chanteurs. Le patrimoine culturel français se transforme donc. Adieu Piaf, Brel, Cabrel et autres chanteurs à voix, texte, et charisme. Bonjour Camélia Jordana, Kendji, et je ne sais qui d’autre puisque les vainqueurs de ces programmes retournent très vite à l’anonymat.

Et vous, est- ce vraiment ce que vous voulez voir à la télévision ?

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