Tous les cris, les SMS…

Tous les cris, les SMS...

Immergée dans le monde réel, je vous conte ici ce qu’est, ou plutôt était, la vie avant la technologie. Il fût déjà deux semaines, soit 3 lunes dans mon époque, que mon téléphone mobile, l’équivalent de votre « portable », a trépassé. Je conçois que je n’en étais pas à mon premier coup d’essai avec la marque à la pomme. Il y a de cela deux centième de siècle, la même aventure temporelle c’était produite. Il va sans dire que ma vie en est toute chamboulé. Vous devez vous dire qu’une vie sans téléphone ce n’est pas la fin du monde, que des choses plus grave peuvent arrivée, que ce n’est que du matériel. En effet, et c’est exactement ce que je pensais avant que cela ne  m’arrive.

Le premier jour, j’en étais même plutôt contente. Personne ne me dérangeait quand je ne voulais l’être, pas d’obligation de réponse, pas de réveil, pas d’horaire, je vivais au gré du soleil et du métro. Je me sentais comme Christophe Colomb, colonisatrice d’une terre inconnu, à devoir apprendre de nouvelle moeurs, de nouveaux comportements. Cette mésaventure prenait un petit côté excitant et positif.

Ce n’est qu’au bout de quelques jours que le manque a commencé à se faire sentir. Plus de musique dans le métro, pas de moyen de communication avec mes colocs pour les prévenir d’acheter du lait ou bien de me laisser les clés. Pas non plus de moyen d’esquiver le regards des pervers dans le métro ou de prétendre appeler quelqu’un quand un de ces mecs vient te coller pour te parler ou bien t’insulter gratuitement. Le téléphone est la meilleure arme contre le harcèlement de rue mesdames, je vous la recommande.

Puis, il y a trois jours j’ai réellement compris la nécessité familiale du téléphone quand, dans ma boîte mail j’ai trouvé ce mail de mon père intitulé: « est tu en vie? ». Et c’est là qu’une fatalité téléphonique m’a frappée. Aux yeux de l’Univers social, je suis morte. Aucun de mes potes ne peut me joindre pour boire un verre, ou du moins galère pour fixer un lieu de rendez vous, mes parents n’ont plus aucune nouvelle de moi car ils n’ont pas Facebook, je ne peux plus sécher les cours car personne n’est au courant que je ne viens pas et ne signe à ma place. Je suis donc comme parti, en dehors de ce monde numérisé.

Bientôt je rachèterai un téléphone et ferai mon come back sur les réseaux. Bientôt oui mais pas tout de suite car c’est quand même plaisant d’être sevrée d’une addiction sociale.