Manukeen : Le face à face

La semaine spéciale Manukeen se poursuit sur VotreTalent, il est temps d’apprendre à connaître un peu plus cet artiste… Voici notre interview.

VotreTalent : Bonjour Manukeen, et merci de nous accorder de ton temps pour cette interview. Une semaine spéciale sur ton début de carrière pour nos internautes, ça nous fait très plaisir. Pour commencer pourquoi avoir choisi ce pseudonyme ?
Manukeen : Au lancement du projet «solo», je voulais trouver un nom d’artiste mais ne pas prendre non plus n’importe quel pseudo. Il fallait que ça me ressemble. Je m’appelle Emmanuel et beaucoup m’appellent Manu. J’avais déjà cherché un jeu de mot entre «Manu» et «Manichéen» (la différence entre le bien et le mal). Sur mes premières maquettes et sur les CDS j’avais écrit «Manukeen» qui se prononce « Manukine ». J’ai simplement modifié l’orthographe de ce que j’avais trouvé au départ. Quand j’ai produit mes sons, tous mes potes m’appelaient comme ça ! Donc depuis c’est resté et c’est devenu officiellement mon nom de scène. Ça sonne plutôt bien et puis malheureusement, Keen’V c’était déjà prit ! (rires)

VT : Tu as fais partie du groupe Lifelyxir avant de te lancer dans une carrière solo. Pourquoi avoir choisi de t’émanciper ?
M : Lifelyxir a été et restera toujours un très bon souvenir, une belle aventure, pleine d’amitié. 150 concerts, 3 clips, des premières parties, ce n’est pas rien ! Mais à un moment je ne me sentais plus épanoui dans ce mode de fonctionnement et je voulais affirmer un style musical que j’avais envie de faire depuis longtemps. J’ai donc stoppé l’aventure pour en démarrer une autre. C’était à la fois très difficile, éprouvant et apeurant… Mais en même temps tellement excitant ! Comme une renaissance et une affirmation de tout ce que j’avais voulu devenir mais que je n’avais jamais osé faire auparavant.

VT : Ton style d’aujourd’hui est-il propice à celui de Lifelyxir ou es-tu parti dans une toute autre direction ?
M : Avec Lifelyxir c’était du pop/rock français, l’exercice n’est pas du tout le même. Je pense qu’on ne compose, qu’on n’écrit et ne chante pas du tout de la même façon en Anglais et en Français. Chaque langue a ses particularités. Les groupes et artistes que j’écoutais quand je faisais partie de Lifelyxir et ceux que j’écoute aujourd’hui sont les mêmes. Disons que c’est ma façon de faire la musique avec ce projet qui a changé.

VT : Serais-tu prêt à te lancer de nouveau dans une aventure avec un groupe ?
M : Finalement, aujourd’hui je suis régulièrement sur scène avec un groupe de 4 musiciens professionnels avec qui je m’éclate. Nous sommes désormais amis dans la vie. Artistiquement, je prends  les décisions seul mais il est important de bosser aussi avec des professionnels pour que le résultat soit là.  Je ne sais pas si je pourrais faire partie à nouveau d’un  « groupe» et si ça arrivait ce serait sous beaucoup de conditions, dans un contexte particulier car sous les aspects idylliques, il faut savoir que être dans un groupe avec plusieurs identités et sensibilités qui composent celui-ci est parfois très difficile. Ça peut très bien marcher ou être très électrique …

VT : Tu es un artiste financé par les internautes, comme Grégoire (ou comme Jikaëlle, jeune artiste que nous avons pu interviewer). Cela ne met-il pas une certaine pression de savoir que des personnes misent tout sur toi ?
M : Au contraire ! Je trouve que c’est super que des personnes croient en moi et misent sur mon avenir musical. Ca met une pression mais c’est positif. C’est une grosse motivation de recevoir ce soutien et de partager avec eux. Par contre, je suis issu d’un financement participatif (Ulule) et non d’un financement de production comme My Major Compagny… La différence c’est que les internautes ont misé sur moi sans intérêt financier derrière, hormis les contreparties proposées : albums et places live offerts, rencontre avec l’artiste etc. Je trouve que c’est encore plus beau au final ! Si tu es encore là dans le paysage c’est grâce à eux et tu sais pourquoi tu existes.

VT : Qu’est-ce qui t’inspire pour écrire tes chansons ?
M : Les belles émotions, qu’elles soient tristes, joyeuses, n’importe lesquelles à partir du moment où elles sont «belles». Ca tombe bien je trouve que L’art et la Musique ont cette faculté de transformer n’importe quelle émotion en une espèce de «beauté». Un film, une œuvre, une chanson… Je pense que tu deviens artiste le jour où tu n’arrives plus à t’exprimer que par l’art. Tu te dis que si tu n’arrives plus à t’exprimer correctement dans la vie, les gens le ressentiront et comprendront à travers tes chansons, à travers ton art. C’est viscéral en quelque sorte.

VT : Tu as fait trois concerts cet été, parle-nous de ces moments.
M : Que dire, 4 concerts, Amiens en février, Etreux en Avril, Cambrai en juin et Lille en Juillet. Les Angels (fans/soutiens de Manukeen) étaient au rendez vous et ont mit une ambiance de folie à chaque live, vraiment c’était très fort. Je pense que ce que je retiens c’est qu’il y a vraiment une interaction entre nous lors des live, ils chantent, ils font la fête, ils ressentent et partagent ce que j’ai voulu transmettre à travers ma musique, ils sont juste géniaux ! Vivement les prochains concerts car être sur scène est un besoin vital pour un artiste.

VT : On sent une nette influence de Green Day pour la musique. Lorsque j’ai écouté So far Gone j’ai de suite pensé à Jared Leto, le leader de Thirty Second To Mars, ce genre d’artistes sont-ils tes exemples ?
M : Oui ! Merci beaucoup pour le compliment ! Forcément ce sont des artistes et groupes qui m’ont beaucoup influencés et que j’admire. Pour être honnête, malgré qu’on se soit toujours un peu « inspiré de », on a toujours envie que notre musique soit unique. On peut avoir peur d’être une « pâle copie de.. »…  Les premières comparaisons sont tombées et c’est là que j’ai été très surpris car au-delà d’être comparés à tous ces groupes et artistes que j’adore (Muse, 30STM, Green Day, Sum41, Linkin Park, MCR), j’ai reçu, et reçoit encore aujourd’hui, des messages comparant ma musique à pleins d’autres artistes en tout genre allant du vieux Rock à la Pop en passant par des groupes que j’écoute peu ou pas. Du coup ça me touche vraiment car cela veut dire que chaque personne qui aime le rock et la musique se retrouve dans mes chansons et c’est une des choses qui me tient à cœur. En plus, grâce aux personnes qui me comparent, je découvre plein de nouveaux super artistes et groupes ! (rires)

VT : Qu’aimes-tu par-dessus tout dans ce métier ?
M : Partager tout ce qui concerne ma musique avec les Angels. Ce que j’adore également dans ce métier, c’est que 10h de boulot ne me font pas peur ! Alors que pour d’autres métiers une simple heure parait une éternité…

VT : Le rock est visiblement ton style de musique. Penses-tu un jour être capable de changer de style ?
M : Contrairement à ce que l’on pourrait penser, je suis très ouvert musicalement à partir du moment où ça me touche, me fait vibrer et que ce soit bien fait. Au-delà du rock que j’affectionne, j’écoute aussi bien de la variété que du Rap et plein d’autres choses. Changer de style ? Je ne pense pas mais je peux très bien, comme dans cet album, voyager un peu à travers les styles.

VT : Pourquoi ne pas participer à des télé-crochets comme Nouvelle Star ou The Voice, histoire de grandir ta notoriété ?
M : Disons que le problème avec les télé-crochets c’est le manque d’espace à la création et la liberté artistique. Aujourd’hui, les personnes sélectionnées chantent des reprises et au final se retrouvent éliminées & oubliées ! Même le gagnant… Lorsque vous rentrez dans cette machine, vous appartenez de façon financière à la chaîne qui l’a produit… Autrement dit, vous ferez ce qu’ON vous dit de faire… Honnêtement, je pense que j’aurais du mal à supporter de passer à la télévision devant autant de monde pour chanter les chansons des autres et finir aux oubliettes alors que j’ai bossé pour créer mes propres chansons et que je crèverais d’envie de les présenter… Mais je ne suis fermé à rien, malgré tout je reste optimiste, je me dis que tout ceci va évoluer, ça a déjà évolué avec internet. On découvre pas mal de nouveaux bons artistes grâce au net vous ne trouvez pas ? (sourire)

VT : Et grâce à notre site ! Que penses-tu justement des personnes qui sortent de ce genre d’émissions ?
M : Beaucoup ont du talent mais peu,  malheureusement, sont créatifs ou du moins ils n’ont pas assez de liberté pour cela.  Ce qui fait que le monde médiatique les oublie vite et comme ils ont été connus très rapidement, ils en sont également oubliés très rapidement. En 10 ans, les objectifs de ces émissions ont changé, on ne cherche plus de talents à long terme, ce n’est pas rentable pour les productions. Certains s’en sortent et arrivent quand même à mettre un pied dans le milieu grâce à cela.

VT : Qu’envisages-tu pour la suite ?
M : Continuer à promouvoir mon album en live avec mes musiciens, mais également la production de 3 nouveaux titres et de nouvelles vidéos. J’ai hâte !

Propos recueillis par Céline Akoum

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *